C’est la fin du 8ème mois de grossesse

8ème mois de grossesse - blog maternité - maricouchetoila - cecile bellu photography - tous droits réservés

Il est 23 heures ce lundi soir, et je me sens bizarre. Et parfois, pour comprendre mes émotions, je les mets à plat. Ayant la chance d’avoir ce blog pour partager avec vous mes aventures, d’abord celles de mon mariage, et aujourd’hui celle de ma grossesse, je profite donc de cet article pour tenter de comprendre avec vous ce qu’il m’arrive vraiment, à la fin de mon 8ème mois de grossesse.

Une journée qui commence bien

Aujourd’hui, c’est le dernier jour de mon 8ème mois de grossesse. A mon réveil ce matin, un jour comme un autre débutait. Aucune raison, d’ailleurs, qu’il en soit autrement. Mon iPhone m’indique qu’il pleut. Je sors, mais en fait non, gros soleil. Je prends mon colis dans la boîte aux lettres (youpi, ma nuisette d’allaitement Oysho est arrivée), je rentre le déposer, ainsi que mon parapluie et les échange contre mes lunettes de soleil. Je repars.

Je rejoins ma belle-soeur à 14 heures chez Anna Dautry pour la prise de mesures de sa robe de mariée. J’ai promis à Mister G. que je levais le pied sur la marche, moi qui adore ça. Je prends donc un bus pour aller au métro, afin d’éviter mes 10mn de marche (disons 20, à 8 mois de grossesse).

Métro 12, je suis assise. Il y a de la place partout, mais non. Une grosse dame préfère s’asseoir juste à côté de moi s’écrasant sur tout le gras de ma cuisse droite, en espérant que je me décale (pour m’asseoir que sur une fesse, j’imagine ?). Et le Monsieur juste en face est en position “manspreading” à fond. Là encore, on me fait clairement passer un message. Celui de devoir serrer mes cuisses, pour que lui puisse s’étendre de tout son long. Voyez ? Ainsi, il colle volontairement sa cuisse à la mienne. Genre t’es mon mec, genre j’aime être collée par des inconnus tout ça, c’est génial…

Bon les amis, sachez que j’ai ni bougé pour retirer mon gras situé sous la cuisse de la grosse dame, ni pour me faire discrète face au Monsieur. Je suis ENCEINTE putain, et autant il y a quelques semaines ça allait, mais là, j’ai rapidement mal au dos. Donc balek, je reste bien installée, et je ne change pas ma position.

Bon tout ça pour vous dire qu’ils sont descendus à Montparnasse, et que j’ai poursuivi jusqu’à Concorde tranquillou, mon gras, mon Bibou, et moi. Arrivée sur le Métro 1 (oui parce que j’évite volontairement la 4 depuis que j’ai eu des petites agressions et incivilités en tout genre), il y a du monde, et les gens COURENT, littéralement, à l’affût du premier siège qui se libère. C’est un peu comme si on voyait un million de dollars en liasses, et qu’on voulait se jeter dessus. Bah là, c’est pareil. Et moi, quand c’est comme ça, clairement ça me soule. Je me dis que de toute façon, j’ai que 3 stations. “I will surviiiiiiiiiiive“. And indeed, j’ai survived. 

J’annonce à ma belle-soeur par texto : “CityMapper me dit 7 minutes, j’arriverai donc dans 14 minutes, logiquement“. Vous savez à quel rythme marche une femme enceinte ? Non mais moi la première, ça m’agace ! J’ai le temps d’observer tous les coins et recoins de la rue du Louvre (ça va, c’est pas la plus moche des rues, vous allez me dire). Bien sûr, je me dis que le parisien est con et beaucoup trop pressé. En me persuadant qu’il y a 8 mois, je n’étais pas aussi con et pressée que ceux que je croise et qui me bousculent. La vraie aventure, quand t’es à 8 mois de grossesse, c’est de sortir de chez toi en fait.

On arrive à destination, je commence déjà à être fatiguée. La vraie mamie quoi… Ma belle-soeur réessaye sa robe, et j’ai l’impression de revivre mes propres essayages. Sauf que là, j’en profite beaucoup plus ! D’autant que c’est la future femme de mon frère, alors je me sens vraiment bien.

Urgence césarienne, RDV gynécologue décalé

Mais non, pas moi ! Bibou est toujours bien au chaud, no worries ! Je reçois un texto de mon gynéco, il aura 60 minutes de retard. Aujourd’hui, je ne le vois pas à son cabinet, mais directement à la Maternité Sainte Félicité. Je me dis que rentrer chez moi et repartir, non seulement c’est trop short, mais en plus ça va me fatiguer encore plus. Pas grave, j’attendrai sur place. En attendant, je démonte ma pizza sur laquelle je salivais depuis la fin de matinée, et je fais un peu de shopping avec ma belle-soeur, avant de reprendre le métro.

Avant d’entrer à la maternité, je passe au Franprix. J’ai mal au milieu du dos. Ca arrive d’un coup, comme un coup de poignard. Et ce malgré l’ostéopathe. Mais là, il n’y a strictement rien à faire. Bibou est lourd, les nibards aussi. What else ? (oui je parle beaucoup anglais aujourd’hui). 

Je veux traverser la rue en sens unique, sur le passage clouté (sans feux), mais visiblement il y a une course de rallye parce que personne me laisse passer. Ah si, la 12ème voiture, un jeune homme. Gros sourire de soulagement, il le voit et me sourit en retour. Je crois que je lui ai fait de la peine un peu…

Bon, on continue sur mes aventures de ouf. Une caisse d’ouverte, une cliente. Elle a un cadis blindé, et 2 paires de lunettes. Why…? J’ai ma bouteille d’eau, et ma clémentine. Elle me voit, avec ses deux paires de lunettes sur le pif. Elle dit même à la caissière : “oui hein, j’ai beaucoup d’articles, hein“. Et là, la femme enceinte médisante que je suis, lui répond (mais dans sa tête) : “bah oui connasse, moi j’en ai que deux et j’ai toujours mal au dos, bordel. Laisse-moi passer“. Elle n’a pas entendu. En même temps c’est normal, c’était dans ma tête. Le directeur du magasin me voit et me dit de passer à la caisse d’à côté, et il appelle une autre caissière. Monsieur, je vous aime. Décidément, vive les hommes aujourd’hui (sauf le manspreading, on est d’accord).

 

17h20 : salle d'attente, 40mn avant mon RDV. Ou pas

J’arrive à la maternité, et j’annonce mon RDV avec le Docteur Akerman (alors lui, je l’aime trop aussi… Si tous les médecins étaient aussi professionnels et agréables que lui, le monde se porterait mieux !). Je croise un Monsieur, ses deux enfants et une Petite Soeur (je vous rappelle qu’on est dans une Maternité catholique). La Petite Soeur demande comment s’appelle leur nouveau petit frère (ils étaient tous venus rendre visite à la maman et au nouveau-né) : “Enguerrand“. Je monte les escaliers au ralenti, tout en essayant de ne pas juger ce choix de prénom.

Deux couples sont en salle d’attente, aussi. J’ai prévenu Mister G. du retard, et lui conseille de me rejoindre à 18 heures. J’ai le temps, et commence à éplucher la plus relou des clémentines. Akerman arrive, en tenue d’opération (ça change de son jean et de sa doudoune à manches courtes Uniqlo). “Madame Untel ?“. Personne ne répond. Il repart. Je me bas encore avec mes épluchures. Il revient, et là je sens que c’est pour moi. “Tiens Ayline, vous venez avec moi ?“. Sérieux, quand ton gynéco t’appelle comme ça, forcément tu te sens détendue du slip, pour le retrouver à l’accouchement. C’est plus spontané, naturel. Ca me confirme encore une fois, que tout ne peut que bien se passer. Pourtant, c’est con, hein. Il m’a juste appelé par mon prénom ! Mais ça désacralise un peu tout !

Je range ma clémentine à moitié épluchée dans mon sac. Je n’ai pas eu le temps d’aller faire pipi. Mister G. n’est pas encore arrivé (logique). C’est lui qui a mon dossier médical avec mes résultats. J’ai encore mal au dos. Bref, déjà je me sens bizarre ! 

Vous m’attendiez ? Vous aviez bien indiqué 60mn de retard ?“, je lui demande, un peu inquiète (j’aime pas être en retard !!). “Non pas du tout, j’avais deux césariennes de prévues, mais j’en ai fait qu’une pour le moment. Et les deux patientes avant vous ne sont pas venues, donc j’ai le temps de vous faire passer avant ma prochaine opération“. Ah ok.

Dernière consultation avant le jour-j

Comme d’habitude, il me demande si ça va. Ca aussi c’est tout con, mais tout le monde ne le fait pas. “Mais il me paraît bien gros ce ventre“. Heu non, pas du tout docteur, il est parfait. Y a Bibou à l’intérieur, il entend tout, attention. Il peut tout à fait vous vomir dessus, puisque vous serez la première personne à l’attraper à sa sortie… Ca va, je déconne. Il me demande le compte-rendu de ma dernière écho. C’est Monsieur qui l’a. J’appelle Mister G. pour lui demander une photo du compte-rendu de la dernière écho et du bilan sanguin. 

En attendant, il me demande si le RDV avec l’anesthésiste s’est bien passé samedi. Ah bah oui, il était turc, du coup on a discuté 45 minutes au lieu de 15 ! Il m’a montré où il allait piquer en précisant que “pour vous, c’est assez clair, ce sera facile à faire” (ah cool). Qu’on ne peut pas être paralysée avec la péridurale, et qu’il faut oublier cette peur répandue. En vrai Docteur, le jour-j vous pourrez me dire n’importe quoi, je ne penserai qu’au bienfait de cette bonne vieille piquouze !

Je montre en photo, à Akerman, la courbe de croissance de Bibou, datant de la dernière échographie. 84mm de diamètre bipariétal, 66mm de longueur fémorale, 300mm de périmètre céphalique, 278mm de périmètre abdominal… Il attrape mon téléphone, en faisant défiler du côté droit jusqu’à une photo de pâtisseries Lignac, et de l’autre jusqu’à mes résultats ADN. “Oh super, je peux regarder ? Ah oui, donc 50% de l’Empire Ottoman, du côté de votre papa. Et votre maman Europe nord et ouest + ibère “. Franchement, c’est cool de faire du lien comme ça avant l’accouchement.

Finalement, Mister G. m’envoie les résultats par Whatsapp, depuis le métro, et je repasse mon téléphone au Dr. Akerman. Bibou pesait 2,030g à 33SA, lui l’estime à 28 percentile (en gros 50 percentile c’est la moyenne, en dessous c’est plus bas, au dessus plus élevé. Plus on s’éloigne de 50, moins bien c’est. Mais bon, c’est pas la cata non plus quoi). Moi qui pensais faire un petit obèse, il me dit que c’est un peu juste niveau poids (le comble). Il regarde la deuxième partie du compte-rendu de l’échographiste qui marque :”50 percentile“. Elle ne l’a pas écrit, mais à voix haute elle m’a dit “prévu 3,3kgs à terme”. Ok, mais il préfère faire une échographie complémentaire le même jour que ma séance de monitoring, début avril.

Négative au streptocoque B, pas besoin de fer, pas de coagulation (???), bref todo bem ! On passe de l’autre côté pour l’examen du col, l’écho de vitalité, la tension etc.

Petit bilan à 35SA+6 jours

Prise de tension, 14.8. Il me regarde genre, heu WTF ? On la reprendra à la fin de l’examen du col, parfois ça angoisse certaines femmes, le fameux toucher vaginal. Et là, je me dis que ça doit pas être simple non plus d’être un homme dans ce milieu. Mais il comprend, il s’adapte et rassure la patiente, sans que ça l’impatiente ou le dérange le moins du monde. Bon, moi c’est pas l’examen, c’est plutôt que Mister G. n’est pas là, qu’il avait les papiers, que j’ai pas fait pipi, etc. La nana un peu bousculée dans son orga quoi ! En même temps, pour mon mari, je suis passée en avance et lui travaille. Je suis un peu dégoûtée, car je sais qu’il aurait aimé être là… 

Il mesure ma hauteur utérine qu’il estime énorme. 32cm pour 36SA. “Ah bah non, c’est très bien en fait. Je le voyais beaucoup plus gros, c’est marrant“. 

Petite échographie de vitalité. Je peux déjà lui dire dans quel sens Bibou est. Le coeur bat bien, le dos est sur le flan droit, les fesses sur la droite aussi, les pieds presque sur le flan gauche. Bonne quantité de liquide amniotique, placenta bien placé. On est bons. 

Examen du col, première fois que c’est un peu douloureux. Il s’excuse mais bien sûr, il doit pouvoir faire un diagnostic. Donc on continue. Bizarrement, c’est un peu black out là. Je ne sais pas s’il dit que mon col est fermé ou ouvert à 1 doigt. C’est grave non ? Je suis toute perdue ! J’entends juste : “Je sens la tête du bébé, il appuie bien sur le col là. Le col est bien raccourci, mais c’est normal“. Et puis, il enchaîne : “Bon, on est à 36SA, même s’il arrive demain c’est le dernier stade pour le bébé prématuré donc il n’y a aucun risque. S’il arrive après 37, c’est top. Vous prenez le RDV monito+ écho pour début avril, et nous une dernière fois une semaine avant le terme. Et si ça doit sauter car il arrive avant, ça sautera“. 

HEUUU, ATTENDEZ ! On rembobine. “S’il arrive demain ?” En gros, il appuie tellement sur le col qu’il est prêt à sortir. Bah devinez quoi les amis, grâce à cet article, je sais pourquoi je me sens bizarre. J’étais persuadée que Bibou ne pouvait pas arriver avant avril. Dans ma tête, en tout cas, il ira bien jusqu’à 39SA (2 avril), si ce n’est plus (terme au 16 avril). Et aujourd’hui, on me dit qu’il peut arriver à tout moment, en gros. 

Ma valise de maternité n’est pas prête, je commence les lessives des affaires de Bibou seulement demain (ça va me prendre plusieurs jours), toutes les affaires encombrantes de Bibou sont chez mes parents (on récupère tout ça ce week-end). Bref. Je lis souvent des retours de femmes enceintes qui au bout de 34SA en ont marre et veulent qu’il sorte. Moi, à l’inverse, je ne veux pas qu’il sorte avant 39SA. Mais d’un côté, comme de l’autre, bébé sortira quand il le voudra ! 

Moralité de l’histoire, ne pas faire trop de plans sur la comète. Le cycle de la vie n’est pas contrôlable ! Seules nos émotions le sont.

Nous avons repris la tension en fin de consultation, qui était toujours élevée. Il m’a donc recommandé d’aller à la pharmacie demain, pour la reprendre. En espérant cette fois-ci, qu’elle baisse.

NDLR : 36SA, les nouvelles d'aujourd'hui

Ce matin (mardi), je me réveille à 11 heures. Une heure et demi plus tard je vais à la pharmacie pour demander à prendre ma tension, comme me l’a demandé mon gynéco la veille. On m’assoit, premier résultat : 15,8. Elle a pris un point depuis hier. Les pharmaciennes font la tronche, s’inquiètent et me posent plein de questions. Oui ça va. Non j’ai pas de contractions. Non j’ai pas de vertiges ni de points devant les yeux. Oui j’habite à côté. Non j’ai pas fait d’efforts ce matin. On me la reprend, toujours 15,8. 

Elle veut que j’appelle mon gynéco, je lui dis que je préfère lui envoyer un texto. 12h45, j’envoie un texto. 12h46 il me répond d’aller faire un monitoring tensionnel à la maternité. 

Mister G. m’écrit à ce moment-là, donc je le mets au courant. Je ne suis PAS DU TOUT inquiète, surtout que je me sens hyper bien ! Il me dit qu’il décale tous ses rdv de cet aprèm et qu’il arrive. Cool !

J’appelle un taxify, et 13h20, j’arrive à la maternité. Je vais au niveau des salles de naissance (où on fait aussi passer les monito). Il y a du monde, des femmes qui contractent et d’autres dont les césariennes sont imminentes. En tout cas, elles ont toutes un point commun : elles râlent après leur mari. C’est là où je me dis que je ne suis pas prête à accoucher, Mister G. et moi on se fait plein de papouilles. Je l’aime toujours pour le moment !

Tout ça monte à la tête de Mister G. et il se projette totalement sur une possibilité d’accoucher maintenant… Il regarde son agenda, ses déplacements (pas de Canada, mais quand même Amsterdam, Marseille, etc.). On n’a pas RDV donc on attend presque 2 heures. Je n’ai toujours pas mangé, heureusement j’ai pris une pom’potes.

Une sage-femme vient enfin nous chercher et nous installe dans une salle. Elle me met le monitoring, ainsi qu’un machin au bout du doigt (oxygène dans le sang, peut-être?), et le tensiomètre qui prendra toutes les 3mn ma tension, pendant 30 minutes. 

On est tellement bien installés, qu’on s’endort un peu. Moi sur le lit, Mister G. sur son siège. 30mn plus tard, elle revient, en me disant que tout est parfait. Que ma tension est entre 13,8 et 11,6 (va comprendre lol), et que Bibou va très bien. Elle a appelé mon gynéco/obstétricien qui me conseille d’acheter un tensiomètre pour contrôler la tension tous les jours, qu’il sait tout et qu’il est rassuré. Que je peux rentrer chez moi.

Ouf, on a encore du temps devant nous ! Je me voyais pas être hospitalisée aujourd’hui jusqu’au déclenchement… Je vais pouvoir commencer les lessives pour Bibou. Mais avant ça, direction le Subway pour un Sub30 bien mérité !

Love,

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