La confiance en soi par la photo-thérapie(Part 2)

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Il est 9h59 ce vendredi matin lorsque je remonte la rue de Châteaudun en direction de l’église de Notre-Dame de Lorrette. Je suis surexcitée car cette rencontre, pour échanger sur ce sujet en particulier, je l’attendais depuis longtemps. Au café qui fait l’angle, je retrouve Elodie Sueur-Monsenert, une photo-thérapeute aussi curieuse que passionnée par la nature humaine.

Le sujet tant attendu ? La photo-thérapie ! Autour d’un café, elle me raconte comment et pourquoi elle y consacre autant de temps et d’énergie aujourd’hui. Elle me raconte surtout pourquoi notre société met à mal l’image de la femme, comment cette dernière y évolue et de quelle façon elle peut se libérer de cette emprise pour enfin s’accepter et avoir confiance en soi.

Je me suis épuisée physiquement, un régime étant traumatisant pour le corps, et psychologiquement (...). Ce cycle sans fin provoque énormément de stress, joue sur la confiance en soi et provoque de la culpabilité. J'ai vécu un enfer jusqu'à admettre que ça ne marchait pas.
Chloé Hollings
Auteur de "Fuck les régimes"

Fuck les régimes : Chloé prend le large...

Elodie me raconte ses débuts avec la photo-thérapie. Tout est parti de sa rencontre, sur son lieu de travail, avec Chloé, une jeune comédienne. Six mois s’écoulent et les deux futures amies se revoient à l’occasion d’un événement professionnel. Et visiblement, Chloé a pris un peu de poids.

Bon d’accord, « un peu » est un euphémisme, puisque cette dernière a pris plus de vingt kilos en quelques mois seulement. En fait, Chloé, comme beaucoup d’entre nous, s’est mise une telle pression depuis petite, qu’elle a décidé de dire « fuck aux régimes », et d’arrêter de se frustrer. Elle décide tout bonnement de ne plus rien en avoir à foutre, et s’est mise à manger un peu tout ce qu’elle voulait. Tout le temps. Forcément, c’est un nouvel équilibre qu’elle côtoie : la prise de poids & la baisse du moral. Elle déprime.

Elodie décide alors de suivre Chloé en reportage pendant un an, afin de comprendre pourquoi, dans notre société occidentale, les femmes n’arrivent pas à accepter leur corps tel qu’il est. Après plusieurs mois faits de rencontres, aussi bien médicales qu’artistiques, elles commencent à trouver des réponses sur la place du corps des femmes, dans notre société.

Chloé façonne des femmes à son image © Elodie Sueur-Monsenert

Chloé finit par s’aimer telle qu’elle est. C’est en acceptant la femme qu’elle est devenue aujourd’hui, et en se libérant de toute pression (extérieure comme intérieure), qu’elle s’est sentie mieux et qu’elle a finalement pu perdre naturellement et sans se priver, plus de vingt kilos. Les séances de photo-thérapie avec Elodie l’ont beaucoup aidée à prendre conscience de son corps et à l’aimer.

Très soucieuse de pouvoir partager son expérience, voire en inspirer certaines, elle a écrit le livre « Fuck les régimes ». Je ne vais pas m’étaler davantage sur l’aventure de Chloé et sur ses séances de photo-thérapie, car tout est dans son livre ! Suite à la parution de ce dernier, Elodie a reçu énormément de demandes de femmes pour des séances de photo-thérapie. En suivant pendant une année Chloé, Elodie n’avait pas imaginé que son concept allait prendre autant d’ampleur…

Disponible sur Amazon - Format poche à 5€

La photo-thérapie pour aller mieux

« Tu pourras faire tous les régimes que tu veux, si le fond du problème n’est pas réglé, tu ne pourras pas mincir » , me dit Elodie. Le ton est donné.

Elodie ne travaille pas uniquement sur le rééquilibrage alimentaire avec ses patientes. Les nutritionnistes le font déjà très bien, elle n’aurait donc aucune valeur ajoutée. Ce n’est d’ailleurs même pas la première chose vers laquelle elle oriente ses séances. En effet, 100% des patientes qu’elle reçoit en consultation, ont des bénéfices secondaires à être grosse.

C’est donc la première chose à faire : les déterrer. Que s’est-il passé dans sa vie pour qu’elle soit devenue ronde ? Elodie aide les femmes à prendre conscience que si elles sont grosses, c’est effectivement parce qu’elles mangent trop, mais si elles mangent trop c’est que derrière se cache un problème psychologique. La nourriture n’est pas le problème de fond, elle le couvre seulement.

Chloé affronte son corps pour la première fois - © Elodie Sueur-Monsenert

Première séance.

  • Pendant plus d’une heure, la patiente va lui raconter son histoire. Pourquoi vient-elle ? Depuis quand fait-elle face à ses pulsions alimentaires ? Quel(s) événement(s) ont pu déclencher cet état ? Quels sont ses bénéfices secondaires, en somme.

La première séance est toujours très forte en émotions car des sujets lourds peuvent en ressortir. Certaines de ses patientes qui ont subi des agressions sexuelles, des viols, ont cette sensation que tous les hommes sont des « abuseurs ». Lorsqu’elles sont en couple, elles prennent alors systématiquement du poids. Si l’homme est pour elle référence d’un abus, elle va se sentir abusée à chaque fois et va prendre du poids pour se protéger. Elodie aide ses patientes à une véritable prise de conscience, parfois sur des événements refoulés. Mais elles travaillent aussi sur le fait que tous les hommes ne sont pas des abuseurs. Elles n’auront donc plus à se protéger, et perdront naturellement du poids.

"Si tu es prête à affronter ton passé et que tu as envie d'aller mieux, tu vas forcément guérir."
Elodie Sueur-Monsenert
Photo-thérapeute
  • C’est une fois qu’Elodie connaît l’histoire de sa patiente, qu’elles vont pouvoir faire un travail de rééquilibrage alimentaire. Elodie va lui retirer tous les interdits. L’objectif étant avant tout de lui faire retrouver les sensations de faim et de satiété. La règle est simple : manger uniquement lorsqu’on a faim, sans être obligée de faire trois repas par jour. Pendant deux semaines, qu’elle mange des haricots verts ou du nutella, la seule règle est de s’arrêter de manger lorsqu’elle n’a plus faim.

A partir du moment où elles n’ont plus d’interdits, les patientes finissent par avoir moins d’envies. En effet, leurs pulsions sont calmées, ainsi que leur frustration. La notion destructrice de culpabilité est totalement supprimée.

Journal intime de Chloé. Dans son processus d'acceptation, Chloé a écrit sur ses bonnes résolutions de régimes "Je suis comme je suis". - © Elodie Sueur-Monsenert

En fin de séance, Elodie tient toujours à terminer par des actes, comme pour donner une chose concrète à réaliser dans la vie de la patiente. Et cela peut passer par l‘acte de jeter ce jean taille 36 dans lequel une femme n’entre plus depuis trois ans. Quoi qu’il en soit, c’est un acte guérisseur car on sort de notre fantasme, et on décide d’aller mieux.

"Là où il y a une appréhension, il y a une souffrance. Quand il y a une peur à faire quelque chose, c'est que derrière se cache une guérison".
Elodie Sueur-Monsenert
Photo-thérapeute

Deuxième séance.

Je parle de deuxième séance mais pour certaines la première n’est pas suffisante avant de passer à la prochaine étape. Pour certaines patientes, il y a encore beaucoup à dire, beaucoup à ressentir, et Elodie continue à être à leur écoute et à travailler ensemble sur toutes ces émotions.

Si la patiente est prête pour l’étape suivante, la photo-thérapie commence ici puisqu’Elodie va alors prendre une photo du visage de sa patiente. Elle fait un portrait du visage en lumière naturelle. On ne cherche ici ni à se maquiller pour s’embellir, ni à trouver la posture idéale pour la photo. L’objectif réel est de se voir et de s’accepter tel que l’on est.

La patiente se voit comment elle s’est jamais vue auparavant. Pas maquillée, pas de filtres Instagram ou Snap et certainement pas sous son bon profil. C’est généralement un choc car elle va voir ce qu’elle ne voit pas d’habitude : de la colère, de la tristesse, de la peur… Plein de sentiments et d’émotions dont elle n’avait pas conscience.

Ensemble, elles vont chercher d’où viennent ces émotions. Le but de tout ce travail de photo-thérapie est de se libérer de leurs blessures qui les empêchent d’être elles-mêmes.

© Elodie Sueur-Monsenert

Troisième séance.

Encore une fois cela dépend de chacun, et pour certaines patientes, cette séance peut très bien n’arriver qu’au bout du quatrième ou cinquième rendez-vous. Car Elodie va au rythme de ses patientes.

Lors de cette séance, Elodie travaille avec un miroir pour que la patiente observe son corps entièrement. C’est bien pour ça qu’elle va au rythme de ses patientes, car c’est le moment où elles se déshabillent. Il faut qu’un climat de confiance et d’intimité se soit créé entre elle et ces femmes.

Face au miroir, Elodie demande à sa patiente de décrire chaque partie de son corps. Et ce qui est fascinant c’est que la patiente raconte finalement sa propre histoire, à travers son corps.

© Elodie Sueur-Monsenert

La plupart des femmes ont un complexe avec leur ventre. C’est normal, car si pour certaines la grossesse l’a déformé, il est pour toutes le centre émotionnel, le cerveau du corps où se trouvent toutes les émotions, et où se cache la colère.

Cette séance fait ressortir des choses incroyables, cela peut être une réflexion qu’on leur a faite étant petites et qui les a traumatisées. Comme une grand-mère qui dit à sa petite-fille qu’elle est grosse et qu’elle ne sera jamais comme sa soeur. Ce sont des traumatismes dont elles n’ont pas conscience et qu’elles vont garder en elles. En parler, en prendre conscience, aide à s’en libérer.

Cette étape est longue car les patientes peuvent passer beaucoup de temps à regarder et décrire leur corps. Parfois en une séance, elles étudient seulement deux ou trois parties du corps. Il est difficile d’accepter de se regarder dans le miroir. Mais aussi d’accepter d’avoir été jalouse de quelqu’un, par exemple, ou encore de ne jamais s’être sentie vraiment aimée… Autant de sujets qui prennent du temps à ces femmes, toujours dans le même but : s’en libérer.

Troisième séance.

Ou plus… En avant la photo-thérapie positive !

Maintenant, on réapprend à s’aimer en s’écrivant des mots doux sur le corps : je t’aime, tu es belle, tu es unique… « Ca peut paraître con, mais ça a un impact hyper fort » , me lance Elodie.

Il faut pouvoir leur faire prendre conscience que leur corps est parfait tel qu’il est. Il a porté la vie, il porte ses souvenirs, il est en bonne santé… Elodie amène ses patientes à se regarder autrement et de manière positive. Toutes ses patientes ont maigri, car elles vont forcément mieux que lors de la première séance. Alors parfois elles ne perdent qu’un peu, parfois elles perdent beaucoup. Mais le but premier n’est pas de maigrir, il est avant tout d’aller mieux !

Arrivées à la séance de photo-thérapie positive, elles ne portent plus leur souffrance, elles s’en libèrent et deviennent elles-mêmes.

Photo-thérapie & confiance en soi

Elodie a travaillé sur elle pendant plus de vingt ans et a rapidement trouvé une limite à la thérapie classique. Et elle sait de quoi elle parle puisque sa première séance, elle l’a eue à dix-huit mois, car elle ne dormait pas. Elle a fini par parcourir le monde pour essayer toutes les thérapies possibles et imaginables : en Amazonie, en Inde, au Pérou, au Brésil… Et a finalement compris que guérir passait, avant tout, par le corps. La prise de conscience doit aussi se faire par toutes les cellules qui sillonnent notre corps.

La photo-thérapie, c’est essentiellement vouloir comprendre ses difficultés avec son corps, pour s’en libérer et devenir la personne que l’on est vraiment.

"Les régimes sont dangereux et ne marchent pas. Une amie proche, un peu ronde, a fait un régime drastique pour son mariage. Aujourd'hui, elle est devenue obèse."
Elodie Sueur-Monsenert
Photo-thérapeute

A travers la photo-thérapie, Elodie propose de maigrir, mais de maigrir pour la vie. C’est en réglant ses problèmes, conscients ou inconscients, qu’on pourra aller mieux.

Si vous voulez échanger sur votre situation avec Elodie, rendez-vous sur son site Internet en cliquant ici !

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