La grossesse vécue par le papa

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Et si tu parlais du ressenti du papa, aussi ?“. Cette semaine, c’est comme ça que Mister G. a eu envie que j’évoque la grossesse vécue par le papa. Pourquoi je n’y ai pas pensé avant ? Moi qui essaye de l’inclure le plus souvent possible dans cette grossesse, je ne pensais pas parler ouvertement des émotions et du rôle du papa dans tout ça.

Alors j’ai préparé plusieurs questions à lui poser. Ce sont des réponses certes très personnelles, mais je pense qu’elles pourront aider des futurs papas, futures mamans, à appréhender au mieux leur grossesse (ou leur future grossesse, pour les couples qui veulent avoir un enfant).

Pour ne pas déformer les propos de Mister G. j’ai choisi de faire un article sous forme de questions/réponses. On espère donc que ça vous plaira !

Comment t'es tu-senti à l'annonce du début de grossesse ?

J’étais heureux, il n’y a pas à dire. Mais quand j’y pense aujourd’hui, et avec le recul de ces derniers mois, avec tout ce qu’on a vécu depuis, je me dis que je n’étais pas du tout dedans encore. L’annonce c’est mignon, mais je n’avais aucune sensation physique contrairement à toi, je ne me projetais pas.

A quel moment c'est devenu réel pour toi, alors?

C’est lors de l’échographie de datation, au moment où j’entends pour la première fois les battements de son coeur. Je me dis que là, il y a de la vie. C’est clair pour moi, j’en suis témoin. C’est le vrai premier moment où je réalise qu’il y a un être vivant avec un coeur qui bat.

En revanche, c’est tout le processus, ces différentes étapes vécues durant ces 9 mois, qui m’aident à me projeter de plus en plus dans la paternité. 

Qu'est-ce qui fait que tu vis si bien notre grossesse ?

Je la vis hyper bien car je me sens prêt. Je sais que je veux ce bébé. J’ai envie d’être partie prenante. Je ne veux pas juste être un +1. Et je sens que je suis totalement impliqué, voilà pourquoi je la vis si bien.

Comment te sens-tu si impliqué ?

C’est grâce à toi. C’est l’approche que tu as eu de toujours remettre en question de comment m’impliquer moi, dans cette grossesse. Pour une fois, tu n’as pas envie de tout gérer toute seule, tu veux partager ça avec moi, et que je vive pleinement la grossesse aussi. Sinon, j’aurais peut-être eu l’idée de faire certaines choses, mais ça n’aurait pas été pareil.
 
Je suis très boulot, très occupé et souvent en déplacement professionnel, et le fait que tu puisses aménager ton temps, ça aurait pu dériver autrement. Sauf que dès le début, tu as mis l’accent sur le fait de me mettre partie prenante de la grossesse. 
 
Je pense que ça commence par ça, en fait. On peut très bien être un super papa, mais pour autant ne pas être super impliqué dans la grossesse. Mais je pense que c’est aussi parce que certaines futures mamans, ont besoin et ont envie de vivre ces moments seule avec leur bébé. Tout démarre de ça : est-ce que la maman veut impliquer le papa dans la grossesse ou pas (sans remettre en question son rôle de papa à la naissance). Et bien sûr, est-ce que le papa a le tempérament pour être très impliqué et actif pendant la grossesse ? Le papa peut alors naturellement se mettre en retrait ou pas. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de faire, si tout le monde y trouve son compte. 

Pourquoi tiens-tu à assister à tous les cours de préparation ?

Toujours pareil, pour être partie prenante. Ne pas me sentir impuissant au moment où tu en auras besoin. Tout ce que j’ai entendu jusque là, c’est que le papa a souvent tendance à se sentir impuissant et à paniquer. Alors que lorsqu’il connait toutes les étapes, cela lui permet de mieux réagir et de mieux soutenir sa femme. Si on devait comparer avec la charge mentale, c’est important pour moi qu’à certains moments, je prenne le relais.

En fait, pour moi, c’est vraiment l’envie de maîtriser, de planifier et surtout savoir réagir le moment venu. On perd tellement le contrôle, surtout que techniquement, le papa peut pas faire grand chose. Mais ça permet aussi ne pas paniquer (normalement). Autant pour la maman que pour le papa.

Ça permet aussi de vivre l’accouchement par procuration. Je sais par exemple que les contractions c’est que le bébé pousse vers le bas, il amorce sa descente. Et qu’après, c’est la descente dans le bassin. Et qu’à la sortie, on le fait un peu pivoter, etc. Comprendre ce qu’il se passe dans le corps de ma femme et comprendre ce par quoi passe mon bébé, ce qu’il vit, c’est hyper enrichissant pour moi.

Pourquoi tiens-tu à assister aux RDV avec le gynécologue ?

Pour savoir si mon fils va bien (je lui demande si c’est la seule raison). Oui. C’est pas spécialement un moment indispensable pour moi, j’y vais pour te soutenir avant tout. Montrer qu’on est là, ça prouve qu’on est investi, et on peut toujours apprendre des choses. Le fait que le gynécologue soit aussi l’obstétricien du jour-j est, dans notre cas, encore plus important finalement. Mais pour l’instant, c’est plutôt du présentéisme, je l’avoue.

Tu as assisté aux 4 échographies officielles, qu'en as-tu pensé ?

Comme je le disais, celle des 6 semaines (l’échographie de datation), rend le truc complètement concret.
 
La suivante était très stressante pour moi, car c’est celle où on s’assure que tout va bien. Surtout pour nous après cette histoire de toxoplasmose, j’avais besoin d’être rassuré, mais forcément, j’appréhendais. Sans compter qu’on parle de trisomie 21, qu’on vérifie un certain nombre de choses. Je voulais savoir s’il avait ses 10 doigts et ses 10 doigts de pieds. C’est un vrai examen médical, c’est pas juste le plaisir de voir son futur bébé. 
 
En revanche, je devais me sentir plus à l’aise pour la dernière échographie (32SA), car je l’ai adoré. On se projette plus, on se dit que demain il est peut-être avec nous. C’est plus un embryon, ou un début de foetus, c’est presque déjà un bébé de plus de 2 kilos !

Que fais-tu pour entrer en contact avec ton bébé ?

J’ai mon petit rituel, que je fais au moins 3 soirs par semaine : je lui lis une histoire. Toujours la même, je me dis qu’il la reconnaît et qu’il la reconnaîtra à sa naissance, que ça l’apaisera. Je passe mon temps aussi à caresser ton ventre, lui parler, lui faire des bisous. Dès que tu me dis qu’il bouge, je mets ma main, même à moitié endormi. J’adore le sentir bouger sous ma main. J’ai l’impression qu’il la reconnaît, tout comme ma voix. Surtout qu’il peut entendre et voir, apparemment !

Imaginais-tu vivre notre grossesse autrement ?

J’avais pas trop pensé à ça, à vrai dire. Mais, la manière dont je la vis aujourd’hui, je trouve que c’est connecté avec la personne que je suis. J’aime comprendre les choses et être en empathie.

Qu'est-ce qui te plaît le plus dans notre grossesse ?

Le fait que tu sois dans une dynamique de vouloir m’intégrer à chaque fois dedans. Et que je sois complètement partie prenante (je sais, le mot revient souvent). Je pense que c’est le point de départ de l’état d’esprit et de l’implication dans la paternité. Du coup, je trouve ça bien d’ouvrir la porte au papa.

Trouves-tu le temps long pendant la grossesse ?

Pas du tout ! Je suis dans une optique où je veux vivre chaque moment pleinement. Tout le monde nous dit tellement que ça passe vite et qu’il faut en profiter… Et je trouve que la nature est bien faite, car ces 9 mois sont totalement utiles pour nous préparer à l’idée et à devenir parents. C’est très bien timé.

Et là, on arrive à un moment où on se dit que ça y est, on commence à avoir envie qu’il arrive, chose qu’on ne ressentait pas avant. On aimait vivre ces moments à deux, avec Bibou dans ton ventre.

Comment penses-tu être présent à l'accouchement pour moi ?

En connaissant justement toutes les étapes que tu vas vivre. Pour penser à tout ce à quoi tu ne pourras pas penser le jour-j. Être là en support, en fait. Tu seras prise de douleurs et je sais que je pourrais être là pour te rassurer.
 
Le fait de ne pas être celui qui subit et en plus qui ne sait pas ce qui se passe, j’aurais eu un double sentiment d’inutilité. Savoir tout ça, c’est soulager la maman de tout stress inutile. Ce serait bête que tu me vois paniquer parce que je te vois en détresse, et que ça te fasse aussi paniquer.
 
Je suis là pour te transmettre des ondes positives, pas mes inquiétudes du fait que je ne sais pas ce qu’il se passe. Tu sais que je suis prêt aussi pour le jour de l’accouchement, et je pense que ça doit te rassurer. Tu pourras te concentrer sur l’essentiel, je serai là pour penser au reste.

Comment penses-tu me rassurer si j'ai des craintes ?

Tout se qui se passe pendant les cours de préparation à l’accouchement, ça nous rapproche du moment où on aura bibou dans nos bras. Être présent aux cours ça me permet d’anticiper les moments où tu auras besoin de plus de soutien.

En fonction des questions que tu poses pendant les cours, comment tu réagis à certaines choses que la sage-femme peut dire, etc. Tout ça, ça m’aide aussi à peaufiner mon “rôle” et mon soutien pour le moment venu. Le fait d’y être, j’analyse tes réactions, et me prépare à tout ça.

Et toi, as-tu des craintes ?

Non, pas sur l’accouchement. Et c’est lié au fait que tu n’en aies pas finalement.

En revanche, j’ai peur que le bébé soit pas bien formé peut-être. Un peu moins depuis les écho où tout allait bien, mais je pense qu’on a toujours peur que le bébé soit pas totalement en bonne santé. Mais mon dicton c’est “think positive“, du coup j’y pense pas trop.

Appréhendes-tu l'arrivée de bibou dans ta vie ?

Non, pas du tout. Je suis prêt, les 9 mois, l’évolution des choses et l’implication, permettent de mûrir tout ça pour se sentir prêt le moment venu.
 
Si j’avais été détaché, je me serais pris certainement tout dans la tronche à la sortie du bébé. Mais là, de tout suivre depuis le début, ça prépare. Même le cours sur l’allaitement m’a été utile, j’ai appris plein de choses, et même pour moi futur papa j’y trouvais mon rôle. Être informé permet de réduire le stress et de se sentir prêt, je pense.

Comment imagines-tu ta rencontre avec Bibou ?

Un merveilleux moment. Mais je n’arrive pas à me projeter plus que ça. J’attends de le vivre.

De choisir le prénom de Bibou, ça a été difficile ?

Ce qui est difficile c’est trouver l’accord dans le couple. Chacun le vit différemment. Pour ma part, je n’ai pas vraiment proposé de prénoms par manque d’inspiration, c’est plus toi qui l’a fait. Et on s’est écouté, on l’a répété à voix haute, mis avec notre nom de famille, etc.

Mais j’ai encore l’idée de voir, à la naissance, sa tête et sa réaction avec le prénom qu’on a choisi, et peut-être changer d’avis (c’est moi qui vais à la Mairie pour le dossier, après tout). NDLR : il est drôle ce Mister G., hein ?

Attends-tu de vivre un moment privilégié en particulier avec lui ?

Le peau à peau. Cela fait des mois que j’en parle. C’est le moment où je vais pouvoir me connecter à mon fils et où il n’y aura pas le ventre de maman entre nous. Ce sera mon moment à moi. Le premier moment de contact direct, que je ne partage pas. D’être collé à lui, je sens que je lui apporterai quelque chose. Ne serait-ce que ma chaleur. Dans le ventre, j’ai l’impression d’être juste le prolongement de quelque chose. Puisque c’est toi qui le nourris, le fais grandir, le fais vivre.

Etait-il important pour toi de parler éducation avec moi ?

Oui évidemment. Ne serait-ce pour savoir si on est aligné, c’est hyper important pour ne pas être pris de court sur nos envies respectives. Même si, en soi, ce n’est pas figé, ça peut évoluer.

Une autre chose que j’apprécie beaucoup, c’est que tu tiens à me laisser le lead sur certains aspects de son éducation. Je fais beaucoup de développement personnel et je me retrouve dans beaucoup d’aspects de la méthode Montessori. C’est donc moi le driver sur cette partie, et je sens que j’ai toute ma place.

Es-tu heureux ?

Je suis comme un dingue !

Love,

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