Le début de mon allaitement mixte

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Au bout de 6 mois d’allaitement exclusif, j’ai commencé à me poser des questions sur l’envie ou non de continuer cette aventure, à la fois si belle et si prenante. J’ai l’habitude de tout vous dire, je ne me priverai donc pas aujourd’hui, encore moins sur ce sujet. Parce que j’en ai des choses à dire…

Je ne reviendrai pas forcément en détails sur mes débuts avec l’allaitement maternel, car je parle très longuement de sa mise en place dans l’article suivant : l’omerta de l’allaitement maternel. J’ai même fait un podcast sur le sujet, avec mon retour d’expérience et vos questions sur Instagram, auxquelles j’ai tenté de répondre avec l’aide d’une consultante en lactation.

La volonté d'allaiter, les conditions pour pouvoir le faire.

Pour résumer ça en quelques lignes, depuis le début de ma grossesse, j’avais l’envie d’allaiter. Je ne savais pas trop combien de temps. Le temps que je pourrai, que je voudrai. Une fois la mise en place de l’allaitement terminée, je me mettais des paliers : 3-4 mois jusqu’à ce qu’ils développent ses propres immunités. Puis 6 mois, comme l’OMS le recommande. Et puis là, je ne savais plus trop !

Beaucoup d’amies ont été mamans avant moi et m’ont donné ce désir d’allaiter. Si à l’époque de ma mère, l’allaitement maternel n’était pas du tout encouragé (elle ne l’a d’ailleurs même jamais envisagé), on arrive à une période où ça le devient beaucoup plus. Aujourd’hui on est davantage informés sur le sujet, on connaît les bienfaits de l’allaitement maternel pour bébé et pour maman. 

J’ai pour habitude de dire que c’est bien beau tout ça, mais dans la réalité et dans les faits, on ne peut pas, ou on ne veut pas, toutes allaiter si longtemps (ou tout court). Et il n’y a pas de honte ou de culpabilité à avoir. Et vous savez pourquoi ? Parce qu’on est des femmes, et qu’on sera ETERNELLEMENT jugées ! Si on n’allaites pas, on ne pense pas au bien-être de notre bébé. Si on allaite trop longtemps, on ne pense encore pas au bien-être de bébé qui a besoin de s’émanciper de sa mère, entre autre. Tout ça est en plus additionné à la situation personnelle de chacune. Tu reprends le travail après 2 mois et demi : tu es carriériste, tu ne penses pas au bien-être de bébé ! Tu ne reprends pas le travail tout de suite pour t’occuper de ton bébé : tu manques d’ambition et tu choisis la facilité de rester chez toi et percevoir les aides qui en découlent.

Quand je pense qu’en Norvège, il est possible pour un couple de prendre 46 FUCKING SEMAINES DE CONGE PARENTAL (contre à peine deux semaines pour un papa en France). En fait, ils n’ont qu’à se répartir les semaines entre la mère et le père (pour en savoir plus, c’est juste ici). Mais c’est pas tout ! C’est tellement bien vu chez eux qu’un papa s’arrête de travailler pour s’occuper de son nouveau-né (puisque chez les mamans c’est quasiment considéré comme “normal” car l’allaitement maternel est pratiqué par presque 98% d’entre elles), qu’ils sont encouragés à le préciser sur leur CV. Pour l’employeur norvégien, c’est une qualité indéniable pour un homme parent, et cela en dit long sur la personnalité de ce futur collaborateur. Ok, et là on se dit qu’en France, on a encore du boulot… Bref !

Celles qui me lisent et qui arrivent à allaiter même en ayant repris le travail, vous êtes de vraies héroïnes à mes yeux. Vous aussi on devrait l’écrire sur votre CV. Alors oui, en France la loi prévoit une heure de temps par jour pour allaiter ou tirer son lait. Mais cette heure n’est généralement pas rémunérée (cela dépend de la convention collective de l’entreprise), et puis on peut toujours essuyer des remarques désobligeantes, des petits pics de la part des collègues ou du patron.

L'envie, ou non, d'arrêter l'allaitement maternel.

A 6 mois, voire un peu avant, j’avais mille raisons d’arrêter, et seulement deux de continuer. J’aime trop ces moments tout doux et à nous avec Andrea, et je sais qu’il y a rien de meilleur pour lui. que mon lait. 1000 raisons d’arrêter et seulement deux pour continuer. Et pourtant, malgré tout, j’ai hésité ! Voici quelques unes parmi les mille (oui parce que je suis un peu marseillaise quoi, lol).

1) Une organisation militaire et chronophage

Quand bien même, cela reste une sacrée organisation tout ça… Je le vois déjà bien chez moi lorsque je dois tirer mon lait : bien se laver les mains, nettoyer les téterelles et tous les mini accessoires relous qui vont avec, avant chaque session de breast pumping, s’installer en se penchant un peu vers l’avant, régler les différents cycles au fur à et à mesure du tirage, compresser le sein si ça sort peu, puis conserver le lait soit au frigo soit au congélateur en indiquant la date et la quantité tirée sur le sachet/pot. Franchement, j’en ai pour minimum 1h15 par jour. Et puisque mon fils est gardé presque 10h par jour, je suis obligée de tirer plusieurs fois sinon je me la joue Pamela Anderson, et là, bonjour les vergetures et sensations désagréables. Avec possibilité de mastite aussi !

2) Une baisse de lactation avec ses conséquences

Clairement, j’en avais marre. Je devais avoir une baisse de lactation, car Bibou voulait téter toutes les deux heures, voire moins (même en journée hein). Je devais me stresser et passer mon temps à tirer pour donner les biberons qu’il fallait à la nounou, en faisant de “power pumping“. Andrea, peu avant sa diversification alimentaire, prenait 3 biberons de chacun 150ml entre 11h30 et 16h ! Autant vous dire que j’ai rapidement vidé les stocks de mon congélateur et que j’ai dû passer de longs moments à tirer pour le jour même. Il avait parfois une ration un peu plus mince que celle qu’il aurait dû avoir. Pas grand chose hein, mais je préférais en avoir plus quitte à le gaspiller, plutôt que de voir chaque goutte comme un précieux trésor. Pas facile donc !

3) Une douleur vive dans le sein gauche

Depuis le début j’ai une petite douleur au sein gauche, sans doute un adénofibrome (tumeur bénigne due à mon ancienne pilule contraceptive, franchement c’est pas si intéressant que ça, donc je ne m’étale pas), qui doit appuyer sur l’un des canaux. Je vais refaire une mammographie pour voir si c’est ça, ou si le truc a évolué salement. Mais bon, vous me connaissez, je ne suis pas trop du genre à m’inquiéter avant d’avoir les infos définitives. Franchement, avec l’histoire de la toxoplasmose, j’ai compris la leçon ! Bref, tout ça pour dire que parfois ça me fait tellement mal, que j’en pleure. Et d’autres fois, je ne sens rien. Du coup, c’est un peu la loterie quoi, et j’appréhende la prise au sein, en tout cas pour ce boob là ! Encore un argument en faveur de l’arrêt de l’allaitement, forcément. Pour info, j’ai été auscultée plusieurs fois (sage-femme, médecin généraliste, consultante en lactation), à part peut-être un problème de nerfs (donc je pense à l’adénofibrome qui appuie dessus), ils n’ont pas su trouver ce que c’était.

4) Être le restau routier qui ne ferme jamais

Pas trop de temps mort avec l’allaitement exclusif. Difficile de donner le relais à Mister G. puisque les maigres rations de lait dans le frigo, étaient pour la nounou le lendemain ! Donc même si avec bébé, tout s’arrange avec le temps, qu’au fur et à mesure des semaines et des mois, maman va mieux psychologiquement car bébé s’apaise (un peu), il y a quelque chose de terrible : l’accumulation. L’accumulation de la fatigue, la chute des hormones, le mal de dos et des articulations… Bref, parfois je voulais juste avoir le panneau « closed », mais comme c’est un restau routier ouvert 24h/24, c’était pas possible. Même dans mon bain, j’étais souvent extirpée (moment que j’attendais, à chaque fois, impatiemment), parce que Bibou se réveille et a un peu faim.

5) Avoir faim tout le temps (genre vraiment)

Franchement ? Si vous saviez TOUT CE QUE JE MANGEAIS, mais je me fais peur moi-même. A ce rythme, j’aurais dû être obèse, je ne comprends pas ! Surtout les glucides et le sucre quoi (énergie, sucres rapides). “Nianiania, faut bien manger si tu allaites“. T’inquiètes, ça fait 1 an que je bouffe comme ça et mon fils n’a pas trois bras. 
Et lorsque j’essaye de reprendre une alimentation normale (je ne sais pas faire de régime, juste un rééquilibrage alimentaire), eh bien ça ne va pas. Pourquoi ? Parce qu’une heure après j’ai faim. Ce n’est pas les quantités habituelles, donc je m’y perds complètement. Une femme doit manger l’équivalent de 2000 calories par jour, et une femme allaitante 3000. Donc forcément, ça change !
J’ai donc envie de me réapproprier aussi mon corps. J’ai bien 8 kilos de trop, et besoin de raffermir un peu le tout ! Et j’ai besoin de retrouver un rythme alimentaire cohérent, avant de me remettre au sport. Et je ne peux pas le faire, tant que j’allaite frénétiquement de cette façon.

L'allaitement mixte, un beau recours pour continuer à allaiter.

C’était une décision difficile à prendre. J’avais une vraie envie d’arrêter pour toutes les raisons que j’ai évoquées ci-dessus. Et en même temps, je signais la fin d’une magnifique période. Et je m’en voulais aussi ! Je me disais “oh tu peux tenir encore un peu, pour ton fils”. Et en fait, bah non. Ca me soulait, clairement. J’étais fatiguée, et j’avais besoin de me retrouver en temps que personne individuelle ! Pour mon bien-être physique mais surtout mental. En fait, je pensais que c’était soit blanc, soit noir.

Mais j’avais oublié une autre option : le gris. J’étais persuadée que l’allaitement mixte pouvait être faisable qu’un temps, avant que ma lactation diminue petit à petit, pour finir par s’arrêter complètement. Finalement, mes consultantes en lactation m’ont dit qu’après 6 mois exclusifs d’allaitement, ma lactation était bien mise en place et qu’elle ne se stopperait pas comme ça, d’un coup d’un seul. Que les tétées du matin, soir et de la nuit suffiraient à entretenir mon allaitement. 

La décision était donc prise : ce sera l’allaitement mixte pour Bibou et moi ! Il ne me manquait plus que ce déclic. Et il a eu lieu mardi soir. Je n’avais pas tiré assez de lait pour mercredi et franchement, j’en avais plus que marre de me mettre la pression. J’avais déjà fait moult recherches sur le lait maternisé et j’avais déjà mon top 3. Si bibou n’aimait pas le lait de mon top 1, ce serait le 2, puis le 3. Finalement, il a adoré le 1 !

Comment j'ai commencé l'allaitement mixte

Une fois le déclic là, j’ai filé à Bio C Bon acheter le lait maternisé n°1 de ma liste : good goût. Ils se sont lancés il y a un an environ, voilà pourquoi on n’entend pas encore beaucoup parler d’eux. Ils sont partis du principe que l’OMS recommandait un allaitement de 6 mois, du coup ils n’ont que du lait 2ème et 3ème âge. Mais ils ont eu une année pour se rendre compte que c’était plus compliqué que ça. Que certaines mamans ne pouvaient ou ne voulaient pas allaiter aussi longtemps (ou tout court). 

Ils sont les seuls, pour le moment, à proposer un lait maternisé avec du lait entier, donc avec beaucoup plus de bon gras pour le bon développement du cerveau de bébé. Ils ont un taux de DHA supérieur à 20% et donc aux autres laits présents sur le marché, car ils ont développé leur produit en fonction de la future réglementation européenne de 2020 qui passera le taux de 5 à 20%. Good Goût c’est aussi une belle maison, et j’avais envie de tester, tout simplement. Pour autant, on m’a prévenu : soit bébé adore ce lait en poudre, soit il déteste. Et comme vous avez vu dans mes stories Instagram, il a adoré ! Le deuxième sur ma liste était le Hipp, et le dernier Biostime. Je vous rassure il y en a PLEIN d’autres de très bien, c’était juste mon top à moi 🙂 

Mardi, voilà donc ce que j’ai fait !

1) Acheter le lait en poudre choisi + eau en bouteille

Idéalement, l’eau en bouteille car certaines eaux du robinet sont très (trop) minéralisées. Certaines villes ont une eau tout à fait convenable pour les nourrissons, vous pouvez étudier l’option sur le site suivant. Sinon, différentes eaux sont pas mal, l’idéal est d’en changer régulièrement pour avoir des compositions différentes à chaque fois : Volvic, Wattwiller, Montcalm, Mont Roucous…

2) Respecter les doses

Au début, vous pouvez faire un test sur un petit biberon de 90ml. Comme ça, s’il n’aime pas, pas de gaspillage, vous l’offrez à une amie, par exemple. 

Vous allez donc mettre 90ml d’eau à chauffer, et 3 doses à ras de lait en poudre. Ce sera la même façon de faire pour tous les laits maternisés : 1 cuillère de lait en poudre pour 30mL d’eau.

1) Préparation du biberon

N’hésitez pas à faire votre puriste : prenez un couteau pour “raser” la cuillère du pot de lait maternisé, afin d’avoir une cuillère pleine, tout juste comme il faut. Une fois l’eau chauffée (bien sûr, vous pouvez faire boire bébé avec de l’eau à température ambiante, mais pour un premier biberon de lait en poudre, après une longue période d’allaitement, je dis qu’il faut optimiser ses chances !

On secoue le biberon en le faisant roulant entre ses paumes pour éviter d’envoyer de la poudre dans le fond de la tétine. Vérifiez quand même qu’il n’y a plus aucun grumeau et que tout est bien dilué ! On vérifie la température sur notre poignet, et c’est parti !

Libertad ! Libertad ! Libertad !

Voilà, je me suis dit que lorsque je ne serai pas là, ce sera le biberon de lait maternisé. Le but étant de ne plus être la seule à nourrir bébé et surtout de ne plus tirer mon lait, qui prend un temps fou ! Vive l’allaitement mixte, ça me soulage tellement ! Et c’est une bonne transition vers le sevrage pour éviter d’en avoir marre d’un coup de l’exclusif !

Mais ça ne se fait pas comme ça ! Parce que dans la période où je ne donne pas la tétée, et ou je ne tire pas, il y a une grande montée de lait qui est clairement gênante ! Pour éviter aussi tout risque de mastite, je tire donc une fois mon lait en début/milieu d’après-midi. La lactation respecte la loi de l’offre et de la demande. Du coup, vos seins vont commencer à ajuster leur production rapidement. Il ne faut juste pas être trop pressée !

Le rythme actuel de Bibou  c’est donc à peu près ça :

Tétées : 18h30 / 19h45 / 23h30 / 2h30 / 6h00 / 7h30-8h

Biberons de lait maternisé : 11h30 – 15h30

Purée de légumes vers 12h30

(à partir de demain + compote de fruits maison + morceau de pain).

 

Alors évidemment, Monsieur fait de petites tétées sauf celles de 23h30 et de 6h. Voilà pourquoi il y en a plein : elles sont méga rapides. Je dois dire que je n’ai pas eu tant de mal à passer à l’allaitement mixte finalement, Andrea n’est pas du tout un bébé bras et ne cherche pas particulièrement de réconfort au sein. Je pense faire de l’allaitement mixte au moins jusqu’à janvier, si ma lactation le permet, et à partir de janvier commencer à réduire les tétées. En faire sauter une petit à petit et le sevrer tranquillement sur plusieurs semaines. Je n’avais de toute façon aucune intention d’allaiter après ses 12 mois. Et si j’en ai marre avant, j’arrêterai avant !

Chaque expérience avec l’allaitement est différente. Celle-ci était simplement la mienne 🙂

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