Mon accouchement : les contractions (1/3)

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Dimanche 30 mars. Dans la nuit, j’ai eu un peu mal, sans trop savoir cibler la douleur. Je me sentais particulièrement lourde, ce qui ne m’a pas aidé à trouver le sommeil facilement. Mister G. dort dans le canapé-lit depuis deux bonnes semaines. Un sacrifice était nécessaire : je devais pouvoir changer de position en roulant dans mon lit, et pas en me soulevant, voyez ? 

Finalement je m’assoupie à 7 heures du matin. Manque de chance, je me réveille à 11 heures, là encore sans trop comprendre ce qu’il se passe… Une douleur au bas du ventre.

"Faux travail" ou début du vrai ?

Avec seulement trois petites heures de sommeil, je me sens un peu barbouillée. Il fait beau et pour autant, je préfère rester dans le lit. J’échange avec ma voisine de palier via Whatsapp. Elle passe me voir quelques minutes après mon réveil, et nous discutons comme ça, dans la pénombre. Elle debout près de la porte, moi allongée comme une loque dans mon lit. Elle m’a apporté des “fruits du jardin”, des myrtilles de son potager et des bananes Haribo (c’est un fruit aussi, après tout…). 

En discutant, je sens une douleur monter. Je reste silencieuse et me concentre dessus pour, à la fois la comprendre, mais aussi la gérer. Ma voisine regarde Mister G. en silence, en se demandant certainement si ce sont des contractions, et le début du travail J’en ai jamais eu de toute ma grossesse, et pourtant je peux affirmer que s’en était une. 

J’ouvre mon application “Contractions”, et je commence à les noter dedans. Je me concentre, mais reste détendue. C’est comme si je voulais accueillir ces contractions, tout en respirant énormément, comme appris pendant les ateliers de préparation à l’accouchement. Et il n’y a pas photo. Entre une contraction sans respirer et en se contractant VS une contraction en respirant par le ventre et en ayant cette image d’ouvrir le bas de son corps… Il y a deux mondes.

La douleur n’est pas très intense. J’ai lu énormément de choses sur le sujet. Certaines les sentent dans le dos, d’autres dans tout l’utérus. En ce qui me concerne, ce sont simplement des douleurs de règles puissantes. Donc très basses. Je ne sens pas vraiment mon utérus se durcir, j’ai même du mal à expliquer à Mister G. mon ressenti. Je sais juste que ce sont des contractions, c’est sûr ! Et je suis heureuse de ne pas les sentir dans le dos, ce doit être terrible.

Evidemment, je me demande si c’est le “vrai travail” qui a commencé. On a tellement entendu d’un peu tout le monde, qu’on pouvait ressentir des contractions plus ou moins régulières et longues, avant qu’elles disparaissent totalement et que l’accouchement n’ait pas lieu avant plusieurs jours, voire semaines (les optimistes quoi). Je ne m’agite donc pas trop. Pour autant, au fond de moi, je sais que ce n’est pas anodin. Je sais que si c’est pas pour demain, ce sera pour mardi… Je sens qu’on y est. A 38SA+5j, le travail commence.

Des contractions régulières, ou pas.

Deux heures plus tard, je suis toujours en train de noter mes contractions sur l’application. Je finis par acheter la version payante, ce qui s’est avéré très utile ! Les contractions ne sont pas du tout régulières, mais ne s’espacent jamais plus de 25 minutes. Parfois je les sens légères, et celles d’après commencent à devenir intenses. Il n’y a encore aucune logique ou signe que cela peut être LE moment pour se rendre à la maternité.

Chaque contraction ne dure qu’entre 48 sec et 1’15 environ. Et dans chaque contraction, il y a une sorte de pic de douleur, en plein au milieu. Et ce pic, il dure généralement de 20 à 30 secondes. Je me conditionne, je respire bien par le ventre. Il y a mille et une technique de respiration, j’en ai d’ailleurs moi-même appris plusieurs, car mes 8 cours de préparation à l’accouchement, n’étaient pas animés par la même sage-femme. Il faut alors simplement se rappeler ce qu’on préfère, ce qui nous correspond le mieux.

J’ai donc choisi d’inspirer et d’expirer par le ventre, avec une expiration toujours un peu plus longue que l’inspiration. Je visualise une bouée autour de mon ventre qui se gonfle et se dégonfle, au même rythme que ma respiration. J’inverse la respiration : je rentre mon ventre le plus possible sur l’expiration, avant d’avaler silencieusement de l’air et regonflant mon ventre, en seulement une seconde. L’objectif étant d’expirer très fort, mais d’inspirer très rapidement et sans bruit. Dur dur, hein ? Bah oui, ça doit être fait pour. Puisque du coup, on se focalise plus sur l’exercice et sa difficulté, plutôt que la douleur en elle-même.

Quelques heures plus tard, la douleur s'intensifie

A partir de là, je commence à avoir besoin de Mister G. Le pic de douleur me fait limite perdre l’équilibre tellement qu’il surprend par son intensité. Quelques cris étouffés, je me perds dans la douleur, et il n’y a que Mister G. à chaque fois pour me remonter à la surface. Il me dit de ne pas oublier de respirer par le ventre, et fais les gestes qui l’accompagne pour me guider. En effet, je commence à faire n’importe quoi.

Les contractions sont très intenses depuis environ 23h. Cela fait donc déjà douze heures que je contracte. On se rapproche, puisque j’en ai une toutes les 10 minutes, parfois moins. Certaines copines me disent de foncer à la maternité. Au fond, je sais que c’est inutile. J’en ai en plus, pas du tout envie. C’est trop tôt.

Inutile, parce que ce n’est pas assez régulier, donc on me renverrait peut-être chez moi. Et franchement, les allers-retours, ça ne m’intéresse pas du tout ! Rien a changé entre ce qui a été dit en cours, et aujourd’hui. Je continue à appliquer méthodiquement les conseils. Il faut attendre au moins une contraction toutes les 5 minutes, d’une durée chacune d’une minute, et depuis une heure. Et surtout, je préfère “attendre” et contracter chez moi, plutôt qu’à la maternité où je ne pourrai pas vagabonder librement ! On est mieux chez soi, croyez-moi !

Je vais chez des voisins récupérer un… (si, attendez… je vais réussir à le dire…), vous savez ce petit truc là… (ouais mais c’est pas facile à dire, mais je vous ai promis de tout vous dire. Alors soyez indulgentes). Je vais chez mes voisins pour récupérer…un suppositoire de glycérine ! Voilà, au moment tant attendu et entre deux contractions, je pense aux selles pendant l’accouchement. Je repars avec ceux taille “nourrisson”, et finalement, sans trop savoir pourquoi, je ne me lance pas ! Peut-être que je me sentais déjà suffisamment barbouillée avec les contractions. Je ne sais pas. J’ai préféré abandonner l’idée et me concentrer sur les contractions de plus en plus proches et douloureuses.

Départ à la maternité

Mister G. s’est assoupi vers 00h, je gère toute seule mes contractions, mais il est à côté au cas où. Je préfère qu’il dorme un peu avant qu’on parte. Je respire de plus en plus fort, ça m’aide. Je préfère être debout aussi, ou bien sur le ballon de grossesse.

Tout devient plus douloureux, alors je réveille Mister G. pour qu’il m’aide. Et ça fonctionne, je ne suis pas crispée, et tout de suite je le vis mieux. Je me rappelle des phrases magiques des sages-femmes : “une contraction a toujours un début ET une fin“. Autant, quand j’avais eu ma rage de dent, je trouvais la douleur inutile et continue. Autant lors des contractions, une fois le pic passé, je parle, rigole, prépare mes affaires, comme si de rien n’était !

On n’avance pas très vite dans la préparation de nos affaires, car les contractions se rapprochent rapidement. On est à une contraction toutes les 3 à 5 minutes. Et ce depuis 1h30 de temps. Je décide qu’il est temps. Là, c’est certain que c’est le bon moment pour partir.

On attend la fin d’une contraction, puis Mister G. court au parking chercher la voiture. Je gère deux/trois contractions seule et hop, nous voilà en route. Mister G. sourit de plus en plus, il a déjà réalisé depuis un moment que ce sera pour bientôt. Certainement le 1er avril. En même temps, cela ne me surprend pas du tout !

Il est 1h45 environ, il n’y a personne sur la route et on a seulement 10 minutes de voiture, à peine pour arriver à la Maternité Sainte Félicité. Lors des contractions, la chaussée déformée et les dos-d’âne sont un supplice, mais Mister G. sait parfaitement à quels endroits il doit faire attention. Nous nous garons juste devant la porte d’entrée, nous savons que nous aurons plusieurs heures avant que la maternité nous demande de déplacer la voiture. 

Arrivée à la maternité Sainte Félicité

Après une rapide reprise de dossier à l’accueil, direction le sous-sol pour la salle de naissance. Nous attendons deux minutes en salle d’attente, la maternité est VIDE (on comprendra après que non, pas du tout, qu’elle est juste extrêmement bien fichue). Une infirmière vient nous chercher, souriante, détendue. Je continue à gérer les contractions, mais j’ai l’impression qu’elles sont moins fortes, ou alors c’est le fait d’être là, dans la maternité, qui me rassure. Nous entrons dans ce qui sera la salle d’accouchement. Mais là, c’est juste l’heure du monitoring pour l’instant. “Vous pouvez enlever vos chaussures, votre pantalon et votre culotte“.

J’ai l’impression qu’une autre contraction arrive. Et là, d’un coup, je sens comme si un organe ou un tissu de chair craquait littéralement à l’intérieur de moi. Suivi d’un poids qui tombe (comme si la tête de Bibou tombait). La douleur la plus forte sera celle-ci. Je hurle de surprise. Au même moment je dis :”qu’est-ce que c’est que ça, c’est différent !“. Mister G. m’enlace et là je sens une grande quantité d’eau qui coule dans mon pantalon (que je n’avais pas eu encore le temps de retirer). 

Ok, j’ai compris, j’ai perdu les eaux. Je dis à Mister G., tout en souffrance : “Bon, au moins je sais qu’on ne repartira pas et que c’est pour bientôt“. 

Une sage-femme arrive pour m’examiner…

L'avis de Mister G.

J'ai adoré pouvoir appliquer les conseils vus pendant les cours de préparation à l'accouchement. Être le pilier de ma femme pendant ses douleurs, et les gérer avec elle. Je n'ai à aucun moment appréhender quoi que ce soit, grâce justement à toute cette préparation. J'étais aussi très excité à l'idée de savoir que mon fils allait bientôt arriver.
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Mister G.
Le papa

La suite au prochain article !

Love,

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