Podcast : Allaitement Maternel

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C’était long, je m’en excuse d’avance ! Il faut dire que l’allaitement maternel est un sujet vaste, et je voulais des retours pertinents de mamans, mais aussi d’une consultante en lactation. 

Voilà donc mon premier podcast, où je vous livre mon expérience personnel, avant de répondre à vos questions sur l’allaitement maternel. La durée du podcast est d’un peu plus de trente minutes. Je vous invite à regarder le sommaire de ce podcast si vous souhaitez accéder à une ou plusieurs parties, en particulier.

Légende du podcast

00’00 : Introduction

00’20 : Sujet du podcast

00’50 : Mon expérience de l’allaitement maternel

20’08 : Vos questions concernant l’allaitement maternel

  • 20’45 : Comment tirer en même temps qu’allaiter ?
  • 21’47 : Si on utilise le tire-lait pour faire des réserves, est-ce que bébé peut ne plus avoir assez ?
  • 22’42 : Si on tire peu de lait maternel au tire-lait, est-ce bien de le mixer avec le lait en poudre ? Ou bien est-ce que c’est soit l’un, soit l’autre ?
  • 24’10 : Quand je tire mon lait avec le tire-lait c’est douloureux, est-ce normal ?
  • 24’39 : Mon bébé refuse de boire mon lait au biberon quand mon mari essaye de lui donner, que faire ?
  • 25’56 : Comment fonctionne un allaitement mixte ?
  • 26’50 : As-tu des astuces pour la maman pendant le sevrage pour soulager les engorgements ?
  • 27’40 : Les coquillages d’allaitement sont-ils vraiment efficaces ?
  • 28’10 : Comment soigner sa poitrine pour que l’allaitement ne l’abîme pas ?
  • 29’19 : Reprise du travail : est-ce que les tétées du matin et du soir suffisent pour continuer l’allaitement, en tirant une ou deux fois au travail ?
  • 29’57 : Quelles sont les conditions pour conserver le lait maternel tiré au travail ?
  • 30’40 : Que dit la loi sur l’allaitement/le tire-lait au travail ?

31’29 : Conclusion

 

Lecture du podcast

Bonjour à tous, je suis ravie de vous accueillir sur ma nouvelle chaîne de podcasts, je suis Ayline, la fondatrice du blog Mari, couche-toi là ! Depuis plus 2 ans, j’y aborde les sujets du mariage, de la grossesse et de la maternité.

Dans ce podcast je vais vous parler d’allaitement maternel, ou en tout cas une partie, car le sujet est plutôt vaste et les expériences diffèrent tellement d’une maman allaitante à l’autre, que je ne pourrai forcément pas tout aborder. Il y aura donc plusieurs parties et je vous invite à regarder la légende de ce podcast pour repérer le timing de la partie ou de la question qui vous intéresse en particulier. Si vous êtes friande de tout ce que vous pourrez trouver sur l’allaitement maternel, alors écoutez ce podcast du début à la fin, ça devrait vous plaire ! C’est parti 🙂

Première partie : Mon expérience de l’allaitement maternel

J’en ai fait un article assez long que vous pouvez retrouver sur mon blog, et qui s’appelle “l’omerta de l’allaitement maternel”. Parce que oui, ça a été un gros choc pour moi. Pourtant, je me pensais bien renseignée sur le sujet, de nombreuses lectures, et j’avais même fait un cours de préparation sur l’allaitement. Finalement, j’en avais retenu que l’allaitement maternel c’est un peu le monde des bisounours, que c’est génial pour bébé, mais que si ça fait mal au début, c’est généralement parce que bébé ne lève pas assez la tête, que ses lèvres ne sont pas retroussées sur le sein, ou, moins communément, à cause d’un frein de langue un peu court qui nécessite l’intervention rapide d’un ORL. Et voilà.

Alors pour ma part, je ne vais pas y aller de main morte, ça a été 3 semaines de torture. Pourtant, je n’ai eu aucune crevasse. La douleur c’était peut-être un téton sensible, une mise au sein beaucoup trop souvent et un mal être psychologique très élevé. Petit break juste ici, pour vous dire qu’aujourd’hui bébé Andrea a 5 mois et demi et qu’il est toujours allaité exclusivement. C’est le bonheur complet et j’aimerais continuer le plus longtemps possible. Je n’ai pas vocation à vous encourager ou décourager d’allaiter, la bonne solution pour vous est uniquement celle que vous aurez choisie. Croyez-moi, si quelque chose vous déplaît, vous saurez le pointer du doigt, ce sera à vous et juste à vous d’ajuster le tir et de vous orienter vers ce qui vous convient le mieux. Une maman et un bébé épanouis, c’est tout ce qui compte ! 

 

Il faut savoir que la mise au sein se met en place en 3-4 semaines. Il faut prendre le temps de faire connaissance avec bébé, mais aussi que votre corps s’habitue, c’est beaucoup de chamboulements. J’ai eu beaucoup de retours de mamans qui ne pouvait pas dormir 2h d’affilées. Dans ce cas, c’est physiquement et moralement très difficile d’allaiter : la fatigue et le stress ne font pas bon ménage pour la lactation. Malgré la volonté de fer pour certaines de vouloir allaiter. Parfois, il faut relâcher la pression et pouvoir, savoir, prendre une décision pour soi mais aussi pour la famille (papa et bébé). 

 

Quant à moi, dès la naissance de mon fils, on m’a demandé quel était mon projet pour le nourrir. Je m’étais conditionnée pour allaiter exclusivement. Mais surtout, je ne m’étais pas vraiment renseignée sur le reste. Ma grossesse et mon accouchement s’étaient très bien passés, l’allaitement maternel était mon prochain projet que je voulais mener coûte que coûte. D’autant qu’aujourd’hui, les professionnels de santé s’accordent à dire qu’il est conseillé de mettre bébé au sein dès la première heure de vie. Et pour tout vous dire, je pensais ne pas avoir allaité Andrea en salle de naissance, mais une photo retrouvée sur le portable de Mister G. m’a prouvé le contraire. Il m’a même dit qu’il s’en rappelait très bien, que la sage-femme que j’aimais bien était la première à m’avoir expliqué comment faire. Mais je m’en souviens plus du tout. Lorsque j’en ai parlé à une conseillère en lactation, elle m’a dit que c’était normal, que c’était l’ocytocine qui parfois provoque ce genre de choses. J’ai complètement oublié ce moment, sans doute oui, submergée par les émotions. La naissance de bébé, on l’attend autant qu’on l’appréhende. Je pourrais vous la raconter en mille mots, mais c’est juste de la vivre qui fait qu’on peut le comprendre. C’est une sorte de moment suspendu, et tellement unique qu’il n’y a pas de comparaisons possibles.

 

Enfin bref, revenons à nos moutons ! Dès le départ, Andrea a su positionner sa tête et sa bouche, ce n’était pas le problème. En revanche, il s’endormait énormément au sein. Les 3 premiers jours, les jeunes mamans expriment un liquide jaunâtre et plus épais que le lait, appelé le colostrum. Plein de gras, il est idéal pour les premiers jours de bébé, qui vit le plus gros traumatisme de sa vie : sa naissance. Il passe de 37 à 20 degrés, de la nuit à la lumière, du silence au bruit, du buffet à volonté à devoir quémander et s’activer pour s’alimenter. La seule chose qui peut l’apaiser en arrivant dans ce nouveau monde, ce sera une mise au sein. Le colostrum a le goût du liquide amniotique, ce qui lui permet d’avoir un peu ses repères à son arrivée. 

 

Les débuts sont vraiment laborieux pour nous, j’ai mal, sans pour autant avoir de crevasses. Andrea s’endort au sein et je suis obligée de le stimuler pour le réveiller. Mais l’accouchement l’a épuisé à J+1, et le bain presque autant à J+2. Entre les dizaines de sages-femmes, auxiliaires et infirmières puéricultrice, j’ai eu tous les conseils possibles et imaginables, parfois quelques contradictions et surtout j’ai eu plus de personnes qui m’ont manipulée la poitrine en trois jours, que dans toute ma vie. 

 

Mais peu importe, puisqu’en ce qui me concerne, mon objectif était d’allaiter Andrea. Tout ce qui pouvait me mener à cet objectif était du bonus que je prenais sans hésiter. Je voulais vraiment réussir à allaiter je voulais vraiment comprendre et savoir faire. Du coup j’ai laissé énormément de professionnels de santé faire à ma place pour me montrer. Avec le recul je ne sais pas si c’est une bonne ou mauvaise chose, quoi qu’il en soit j’ai réussi à allaiter et mon objectif a été atteint. En revanche je connais énormément de copines ou de mamans qui, de manière générale, n’étaient pas forcément prêtes et qui n’ont pas du tout apprécié se faire autant manipuler. Comme si leur corps ne leur Appartenait plus. Du coup, même si moi ça ne m’a pas dérangé je sais que ça pourrait en déranger certaines. Donc c’est important que vous sachiez, que si vous voulez allaiter ou faire seulement la tétée de bienvenue, de manière générale, il y aura toujours un professionnel de santé pour vous manipuler sans forcément vous demander votre avis avant. Après, je nuance tout ça en vous disant que c’était toujours fait avec beaucoup de bienveillance, elles le font pour nous, pas pour elles !

 

Quoi qu’il en soit, les trois premiers jours j’ai trouvé ça très difficile. Bébé dormait bcp la journée, il était limite dans un état comateux. C’était presque impossible pour nous de le réveiller pour qu’il s’alimente. Pourtant on a tout essayé, même le plus débile qu’on nous avait conseillé comme mettre bébé en couche et lui mettre un coton mouillé froid sur le dos pour le stimuler. Quand j’y repense, je trouve ça horrible, et ça me fait mal au coeur, et en plus ça n’a pas du tout fonctionné. Concrètement c’était juste une petite torture pour lui. Je regrette tellement mais on m’a fait quand même culpabiliser, car il ne prenait pas assez de poids… En même temps, c’est totalement logique les premiers jours. Bébé a buffet à volonté pendant 9 mois, et en sortant il doit apprendre à faire comprendre qu’il a faim, et c’est à chaque fois un véritable exercice pour lui aussi, pas que pour nous. On m’a proposé d’en extraire à la main pour mettre sur une cuillère en plastique et pour pouvoir le donner comme ça à Andrea. Mais même comme ça j’arrive à exprimer que quelques gouttes. Alors que quand c’était quelqu’un qui le faisait à ma place il y en avait beaucoup plus qui sortait. Là encore je ne sais pas trop : est-ce que c’était une bonne chose de le faire pour moi, sachant que je perdais un peu confiance en voyant que je ne faisais pas aussi bien toute seule, ou bien est-ce simplement que j’avais mon objectif en tête et qu’il fallait que je l’atteigne absolument. Aujourd’hui j’allaite, et c’est le principal. En tout cas pour moi.



Bref, bébé dormait là journée et hurlait la nuit de 1h à 7h non stop. On était à bout avec Mister G. On était gênés aussi. Enfin moi surtout. Je me disais mais horrible Andrea pleure toute la nuit les autres pauvres mamans autour… et en fait la dernière nuit je me suis baladée en écharpe de portage dans les couloirs de la Maternité, puisque c’était la seule et unique chose qui a apaisé Andrea, eh bien je me suis rendue compte que c’était juste que les chambres étaient bien isolées… en passant devant, j’entendais tous les bébés qui braillaient. Et bizarrement ça m’a fait un bien fou, d’entendre ça. Je crois qu’on se sent seule et dans une bulle alors qu’en fait les bébés pleurent. On vit tous sensiblement la même chose !

 

Et puis, j’apprenais petit à petit les positions d’allaitement. La madone en premier grâce à une auxiliaire puéricultrice qui était douce, à l’écoute, et qui a procédé par étape. Ce qui m’a permis d’y aller en douceur et de maîtriser la position, au fur et à mesure. Car ça aussi c’est difficile finalement. Tenir le bébé c’est déjà compliqué à la naissance mais alors le tenir et le positionner pour le faire téter c’est une autre affaire. Mais bon, on y arrive, ça prend un peu de temps, mais c’est comme le vélo ! On finit tous par y arriver.

 

Le troisième jour c’est la fameuse montée de lait. Une horreur clairement. C’est comme si on venait de se faire greffer une nouvelle poitrine et qu’on regrettait déjà  la taille du bonnet. Allongée sur le dos les seins sont lourds et nous écrasent. Sur le côté, il y a tjs un des seins qui aplatie l’autre et sur le ventre je vous laisse même pas imaginer. Sachez mesdames que j’ai appris plus tard que ce n’est pas l’allaitement qui modifie les seins. C’est la grossesse ! Car la grossesse prépare à l’allaitement. Vous avez constaté ou constaterez d’ailleurs que vos seins changent pendant la grossesse. Ils prennent du volume et les auréoles grossissent et deviennent plus foncées. Ce qui donne des vergetures en fait, c’est la prise soudaine puis la diminution aussi soudaine du volume de la poitrine. En gros pour les montées de lait. Voilà pourquoi il faut drainer le plus possible en mettant bébé tout le temps au sein, dès la première heure.

 

Chose que je n’ai pas énormément fait avec un bébé qui s’endormait beaucoup. Résultat, je finissais par le laisser dormir et j’ai découvert en partant qu’il hurlait la nuit car il était réveillé, forcément, et donc avait très faim à cause du manque de tétées dans la journée. Il compensait. Et je n’ai pas su voir ça, je m’en suis beaucoup voulu. Bébé avait faim, et je ne le mettais pas suffisamment au sein. Mais eh, on fait comme on peut ! Et on se corrige, et on apprend. J’ai vraiment arrêté de me flageller par rapport à ça, parce que ça a déjà été assez difficile à vivre. 

 

La montée de lait était donc douloureuse et inconfortable. Je me suis dit que j’aurais dû dormir plus les premiers jours, même mon obstétricien me l’a conseillé. Mais j’étais tellement obnubilée par mon bébé, je vérifiais qu’il respirait toutes les 5mn ou je le regardais comme si je voyais pour la première fois. Et puis la première nuit de la montée de lait, c’était l’apothéose. Si j’avais pensé que le plus dur était derrière moi, je m’étais complètement trompée. Fatigue et douleurs accumulées à un bébé qui dormait pas et qui avait faim… quand Mister G me disait « je crois qu’il a faim », franchement je voulais mourir. Je me disais non pitié pas encore. Laisse-moi me reposer quelques minutes. 

 

La nuit c’était la crise, je n’ai pas regretté d’accoucher à la maternité sainte Félicité où le séjour est étendu à 6 nuits. Comme ça, la montée de lait je ne l’ai pas vécu seule chez moi, mais à la maternité en appelant des sages-femmes en pleurant toutes les larmes de mon corps à 4h du matin. La première nuit de la montée de lait j’ai appris comment faire téter en position allongée pour varier les plaisirs. La sage-femme a passé une demi-heure à positionner Andrea pour qu’il tète bien. J’en avais marre. Je me sentais être une pompe à lait. Le lendemain dans la nuit, c’était la 5ème depuis sa naissance, j’avais beaucoup trop mal et j’étais encore plus à bout. Une auxiliaire puéricultrice est entrée et elle m’a vu tellement désespérée qu’elle m’a dit “je reviens avec un bout de sein”. Sans même me demander mon avis, en fait. Comme si, de toute façon, je n’avais plus le choix. Si je ne voulais pas arrêter l’allaitement, il me fallait un peu de renfort temporaire… J’avais toujours un peu mal, mais c’était une douleur tout à fait gérable, avec les bouts de sein. Tout avait l’air de marcher, en tout cas pour moi. La dernière nuit, Andrea pleurait toujours autant. On était tellement fatigués et à bout, et lui bah, il avait faim, forcément. On a tout essayé pour le calmer quelques minutes, voire secondes. Le petit doigt dans la bouche,  son ventre posé sur l’avant-bras de papa, masser son ventre, ramener ses genoux sur son ventre… On pensait à des coliques, même si c’était un peu tôt pour parler de ça, alors qu’on a su qu’après que c’était juste la faim… je n’avais pas suffisamment mis bébé au sein. J’avais mal du coup j’évitais, je me disais qu’il mangeait tout le temps. Mais le pauvre, il buvait que très peu à chaque fois. Dernière tentative pour trouver un peu de calme : l’écharpe de portage. Et là, hourra, il s’endort à la seconde où je le glisse dedans. Un peu de répit pour Mister G. et moi.

 

Le lendemain c’est la sortie, bébé a plus téter avec les bouts de sein, puisque je le mettais au sein plus souvent, forcément j’avais moins mal. Pendant le séjour il a perdu environ 20 à 70g par jour, à part le 3ème jour il a pris 110g. Du coup, le matin de la sortie, même si on était loin des -10% de la perte de poids de naissance tolérée, le personnel n’était quand même pas hyper à l’aise à l’idée de nous laisser sortir. Surtout que j’étais restée 6 jours à la maternité, et non 3. Elles m’ont quand rassurée en me parlant de la prise de poids du 3ème jour. Que si j’avais réussi à faire ça c’est que c’était positif pour continuer mon allaitement exclusif. Mais on me dit aussi que clairement le bébé a faim, que même s’il s’endort il faut que je le réveille et le stimule par tous les moyens. Je devais revenir dans 2 jours pour repeser bébé, et il faut qu’il prenne du poids d’ici là. 

 

C’est donc 6 jours après l’accouchement, qu’on rentre tous à la maison. J’avais peur de me retrouver sans assistance, et finalement, retrouver mon chez moi, et mon lit surtout, pouvoir dormir avec mon mari de nouveau, je me sentais beaucoup mieux, même s’il dormait à la maternité avec moi tous les soirs. C’était pas pareil. Concernant les tétées, je le mettais le plus souvent possible Andrea au sein avec toujours les bouts de sein, qui me soulageaient beaucoup. Mais ça faisait quand même un peu mal, j’étais fatiguée, je pleurais, je criais aussi, j’étais à bout. Mister G. était là à chaque fois, se réveillait et se levait systématiquement avec moi. Il ne me laissait jamais gérer seule. D’ailleurs ça aurait été impossible à gérer pour moi je pense, sinon. Il m’aidait à installer les coussins, à poser bébé et à le reprendre quand j’en peux plus, le temps que je pleure un bon coup, que je hurle, que je râle… Il m’apportait de grands verres d’eau, me faisait boire au verre aussi (eh oui, l’allaitement ça donne TRES soif). 

 

Le lundi, nous retournons tous à la maternité et je suis très sereine, j’ai donné énormément le sein à Andrea, et je suis donc persuadée qu’il a pris du poids pendant ces deux jours. La Petite Soeur qui nous reçoit, parce que la maternité sainte félicité est une clinique privée catholique, pèse Andrea et surprise, son poids est identique à celui de la sortie de la maternité. En gros, il est à environ -200g par rapport au poids de sa naissance. Elle n’est donc pas très optimiste, mais pas alarmiste non plus, et nous dit que si on le souhaite, on peut voir la consultante en lactation qui est présente aujourd’hui à la maternité. 

 

Je crois que ça a été la meilleure décision qu’on a prise concernant l’allaitement maternel : prendre RDV avec une conseillère en lactation. En quelques secondes elle m’a retiré le bout de sein, moi qui redoutait la douleur au moment de la succion, eh bien c’était franchement identique voire plus confortable sans. Je ne l’explique pas, je pense que je m’étais aussi montée la tête en me disant que j’avais eu mal, et que ça ne pouvait pas en être autrement. Seulement, je me suis rendue compte après, que le corps reste un mystère ! Il s’adapte très vite… Elle m’a aussi rassuré sur le fait qu’il n’y avait pas de doute que bébé reprenne du poids, qu’on laissait tomber l’idée du tire-lait et du lait en poudre pour le moment. Que le bout de sein diminuait de 30% la succion et donc la prise de lait (attention, pas pour toutes les mamans, certaines n’allaitent qu’avec ça du début à la fin). Je lui parle du fait qu’Andrea s’endort en tétant, elle me montre une autre position que j’adopterai exclusivement jusqu’à ses 2 mois et demi, parce qu’après il aura trop grandi pour cette position : la pose à califourchon. Bébé a les jambes écartés de chaque côté de ma cuisse, je le tiens bien fermement par la nuque et il boit en position assise. Je ne sais pas trop si c’est lié, mais il n’a jamais vraiment régurgité ou eu un quelconque soucis de RGO. Il a certainement mieux digéré en étant assis qu’allongé. Ou pas, en fait peut-on vraiment savoir finalement ?

 

S’en suivirent deux semaines encore très compliquées, malgré quelques améliorations suite au rendez-vous avec la conseillère en lactation. Ma sage-femme, est passée deux fois dans les 12 jours après accouchement, pour peser Andrea. Et à chaque fois, il avait pris du poids. On était heureux et soulagé, on sentait que ça allait de mieux en mieux, malgré tout.

 

Le pic des trois semaines était très costaud (je ne parle pas de ceux du 3e/6e et 9e jour, parce que là c’était la cata), et après ce pic, tout allait mieux, comme si rien ne s’était passé. Plus de douleurs, plus d’énervement, plus de bébé affamé. La fameuse mise en place de l’allaitement maternel était terminée pour moi (et lui), au bout de 3 semaines douloureuses. Certainement les plus compliquées de ma vie !

 

Après ça, j’étais en roue libre. Andrea prenait du poids, les tétées étaient moins frénétiques. C’est tout bête, mais je pouvais enfin prendre ma douche sans tenir mes seins (le jet du pommeau sur mes tétons me faisaient particulièrement mal). J’ai arrêté la lanoline depuis un moment, je trouve beaucoup plus efficace de passer un peu de lait maternel après chaque tétée. Puisque ça endurcit le téton pour la prochaine tétée, ça ne peut améliorer que votre allaitement !

 

Le soir, bébé était un peu angoissé, nous avons longtemps hésité puis on a fini par donner la tétine uniquement à ce moment-là pour qu’il se rassure, et s’endorme. Il devait avoir 5 ou 6 semaines. Et puis enfin, nous avons pu introduire le tire-lait dans notre quotidien. Même si d’autres le font plus tôt et ça marche très bien, moi j’ai préféré attendre 6 semaines, pour éviter la confusion entre le sein et la tétine. 

 

Concernant la prise en charge par la sécurité sociale, il y a de nouvelles conditions pour être bien remboursée. Il faut demander une ordonnance à votre gynécologue ou sage-femme, ou médecin, où il y a écrit seulement tire-lait électrique double pompage et ses accessoires, ainsi que la durée de location qui est limitée à 10 semaines, mais renouvelable. Il faut bien que la durée soit précisée : 10 semaines.

 

Pour ma part, j’ai pris le Spectra S1, petit, compact, silencieux et léger. Il fonctionne très bien, je n’ai aucun regret et je l’emmène avec moi. J’ai aussi un tire-lait nomade de chez MAM qui fonctionne aussi bien et forcément prend encore moins de place, et se glisse dans le sac à main.

 

Question organisation à la maison, je ne suis pas du matin, et Mister G il n’est pas trop du soir. Nous avions trouvé un rythme, et enfin le plus dur était derrière nous ! Du coup, moi je m’occupais de bébé la nuit sans soucis pendant qu’il dormait, et Mister G prenait le relais à 6h du matin (et s’en occupait la soirée jusqu’à minuit), pour que je dorme sans interruption jusqu’à 8-9h du matin. Finalement on avait un bon rythme, et bien sûr on l’a mis en place à la fin de la mise en place de l’allaitement. Je tirais un biberon la veille, fourni avec le tire-lait, et Andrea le prenait un peu difficilement mais le prenait.

 

On a essayé différents biberons, et celui qui fonctionne le mieux est celui de chez Tommee Tippee, le closer to nature. Autant avec les autres biberons, il faisait des pauses et ne voulait plus boire au biberon, autant celui-ci il l’a bu d’une traite. Mais là encore, tétine, biberon, allaitement… C’est propre à chaque enfant, mon expérience n’est pas ou ne sera pas forcément la vôtre ! Donc pour les biberons, il faut en acheter pour en essayer et trouver celui qui est le mieux pour votre enfant.

 

Je compte allaiter Andrea autant que je peux, je ne mets pas de pression. Après ça, on aura la diversification alimentaire à 6 mois, conseillé par l’OMS même si en France on peut la commencer dès 4 mois, chacun fait comme il veut. A ce moment-là, je serai soit en allaitement mixte, soit encore en exclusif. Andrea aura une nounou à la rentrée, ça facilite aussi pas mal les choses pour continuer l’allaitement. Sachant que pour certaines crèches en France, des parents se voient refuser le lait maternel pour des raisons sanitaires. Mais ça, c’est un autre débat !

Deuxième partie : vos questions concernant l’allaitement maternel

J’ai eu la chance de me voir offrir une consultation d’une heure et demi avec une conseillère en lactation, par l’entreprise MAM. J’ai trouvé ça intéressant qu’une boîte qui vend principalement des biberons, accompagne autant les mamans allaitantes. Le discours de la consultante était aussi très positif sur l’allaitement maternel. On a abordé beaucoup de points psychologiques, mine de rien, et surtout comment se déculpabiliser de beaucoup de choses ! 



Voici vos questions auxquelles je tente de répondre avec l’aide de la conseillère en lactation de chez MAM :

Comment tirer en même temps qu’allaiter ?

Alors oui, c’est un peu acrobatique. Chose que je ne savais pas et que la conseillère m’a recommandé : il existe des brassières d’allaitement conçues spécialement pour coincer les téterelles. En tous les cas, il faut tirer avec le sein avec lequel on est la plus à l’aise. Quant à bébé on peut le mettre en position ballon Rugby ou en position BM (c’est-à-dire la position physiologique, n’hésitez pas à googeliser le terme si vous ne le connaissez pas), ou encore quand bébé dort. En ce qui me concerne, je n’ai pas vraiment réussi et je n’ai surtout pas eu envie de réessayer. J’avais envie que ce soit mon moment, même si ça reste un gain de temps de faire les deux. Je préfère tirer mon lait quand bébé dort devant une petite série netflix ! En tout cas, l’idéal est de se faire quelques réserves au congélateur (il existe des pots ou des sachets de conservation dans à peu près toutes les marques. Moi j’ai les sachets de conservation philipps avent, et ça ne tient pas de place, c’est top). Et vous verrez que d’avoir quelques sachets au congélateur, c’est rassurant s’il y a une urgence. Bébé ne mourra jamais de faim !

Si on tire peu de lait maternel au tire-lait, est-ce bien de le mixer avec le lait en poudre ? Ou bien c’est soit l’un soit l’autre ?

Généralement, si on mélange dans le même biberon le lait maternel et le lait poudre c’est pour sevrer bébé. Vaut mieux ici avoir une vraie consultation en fonction de son cas. Si on tire peu au tire-lait il y a d’abord aussi quelques explications : la taille de la téterelle, l’intensité du tirage (à régler), le cycle (stimulation ou tirage) ? Parfois, il faut laisser sur le mode stimulation 5 bonnes minutes avant que le sein comprenne ce qu’on lui demande de faire. Cela reste une machine, et il y a que bébé qui sait vraiment faire comprendre à notre corps ce dont il a besoin. Parfois aussi on est fatiguée, stressée, pressée et quoi qu’on fasse rien ne sort. Même l’environnement peut ne pas convenir. Certaines mamans prennent un lange de bébé pour avoir, par exemple, son odeur et pour se mettre en condition. Et pour certaines, ça marche. En ce qui me concerne, plusieurs fois je voulais tirer et j’ai pu tirer que 3 gouttes ! D’autres 150ml que d’un seul sein, ça marche très rapidement. Ce n’est pas tout blanc ou tout noir l’allaitement, il faut essayer, réessayer. Sauf si vraiment on n’en a pas envie. N’oubliez pas que la meilleure chose pour vous et bébé c’est ce que vous aurez choisi. La décision avec laquelle vous serez en paix ! Il n’y a pas de jours/semaines/mois pour définir qu’un allaitement a été réussi ou non. 

Quand je tire mon lait avec le tire-lait c’est douloureux, est-ce normal ?

Alors non, absolument pas. La première chose à vérifier c’est si la taille de la téterelle n’est pas trop petite. Il ne faut pas que votre bout de sein violet. Vous pouvez mettre du lait pour humidifier la téterelle. Commencez par le cycle stimulation le plus bas possible, et ne vous pressez pas, détendez-vous. Et, tirez votre lait dans un lieu confortable, ça peut aussi aider.

Mon bébé refuse de boire mon lait au biberon quand mon mari essaye de lui donner, que faire ?

La conseillère en lactation vous conseille de ne pas être dans la pièce en même temps que papa et bébé, car bébé le sent. Pas la peine de se cacher donc, laissez votre chéri et votre bébé tranquilles, pour qu’ils profitent du moment. Invitez le papa à se détendre (attention au tonus musculaire), et ne pas attendre que bébé pleure pour donner le biberon. Anticipez un peu ! Vous pouvez aussi entourer le biberon avec un tee-shirt de maman pour imprégner bébé dans l’environnement qu’il connaît et dans lequel il se sent en sécurité. Vous pouvez aussi chauffer un peu la tétine, en la passant sous l’eau tiède. Une tétine froide contre un sein chaud, il y a quand même pas photo ! Papa peut également varier le contact visuel : proposez lui de marcher, de parler, avec l’enfant. Expliquer au bébé que c’est dur aussi pour lui, que vous comprenez, que ça va aller. On sous-estime trop le pouvoir de la parole. Si bébé ne comprend pas, il saisit en revanche très très bien l’intention. 

Mettez-vous surtout en condition. Faites comprendre à bébé, et à vous par la même occasion, que le biberon n’est pas pour préparer à la séparation (du moins pas encore). Bébé fait bien la différence entre l’adaptation en crèche ou avec la nounou, et juste le fait que c’est papa qui donne tout simplement à manger cette fois-ci.

Comment fonctionne un allaitement mixte ?

Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises façons de procéder pour un allaitement mixte, on fait de son mieux. Si on peut, on attend au moins 6 semaines, pour que le bébé apprenne qu’une seule façon de boire. Parce qu’en effet, la manière de téter au sein et celle de prendre le biberon est complètement différente. Notamment au niveau de sa langue. Pour éviter tout risque de confusion pour bébé, on attend généralement que l’allaitement exclusif soit bien mis en place avant de passer au mixte. Toutefois, certains bébés y arrivent très bien dès le début, et réussissent à prendre aussi bien le biberon que le sein sans soucis.

Si un jour il y a confusion entre le sein et la tétine pour votre bébé n’hésitez pas à prendre rendez-vous rapidement avec une conseillère en lactation. Votre bébé ce n’est pas qu’il n’a plus envie de votre sein, c’est simplement qu’il ne sait plus comment faire.

As-tu des astuces pour la maman pendant le sevrage pour soulager les engorgements ?

Tout dépend de la situation, en tout cas essayez de ne pas aller trop vite dans le sevrage. On évite la sursimulation pour bébé, donc on peut diminuer le peau à peau. Vous pouvez boire des infusions de plantes, à la sauge par exemple. Et puis, très important, pensez à repérer sur 24h une tétée que vous pouvez faire sauter. Et un peu plus tard, de nouveau, identifiez-en une deuxième, etc. Prenez vraiment le temps pour sevrer bébé, pour que ce soit moins pénible et pour vous, et pour lui. Evidemment, chaque cas est différent, on ne peut pas s’adapter à toutes les femmes, à tous les bébés. Restez attentive aux besoins de votre bébé. Attention donc aux engorgements trop fréquents si vous allez trop vite, sinon vous aurez un gros risque de mastite !

Les coquillages d’allaitement sont-ils vraiment efficaces ?

Ça va dépendre des femmes, le nacre a des propriétés cicatrisantes, certes, mais il ne faut pas le garder toute la journée. Ces coquillages ont réussi à sauver l’allaitement de beaucoup de femmes, puisqu’en effet ils sont doux et frais, donc soulagent un peu. On sous-estime tout de même les bienfaits du lait maternel, désinfectant et cicatrisant, vous pouvez en passer après chaque tétée, et à la tétée suivante ce sera plus confortable pour vous.

Comment soigner sa poitrine pour que l’allaitement ne l'abîme pas ?

C’est une idée de reçue, sachez mesdames que c’est la grossesse qui “abîme” votre poitrine, et non l’allaitement. Comme je vous le disais un peu plus tôt dans ce podcast, pendant la grossesse, vous avez dû observer que vos seins changeaient : ils prennent du volume, et vos mamelons s’élargissent et foncent. Ce qui peut l’abîmer encore un peu plus pendant l’allaitement ce sont les variations de volumes. Et pour ça, il faut drainer au maximum. Mise au sein ou tire-lait. La conseillère en lactation me disait que dans certains pays, les femmes ne connaissent pas du tout la montée de lait au 3ème jour, car bébé est tellement en peau à peau, et sur elles, que la mise au sein se fait plus facilement et plus souvent, donc pas de grosse montée de lait. C’est vrai que moi j’ai été assez surprise et je ne trouvais pas très naturel d’avoir mon bébé dans un box en plastique à 1 mètre de moi. J’aurais voulu le garder le plus souvent possible sur moi, mais je faisais un peu ce qu’on me disait de faire. Astuce donc pour éviter vergetures et seins façon gant de toilettes : drainer au maximum. Mettez bébé au sein, ou tirez votre lait le plus longtemps possible.

Reprise du travail : est-ce que les tétées du matin + du soir suffisent pour continuer l’allaitement, en tirant une ou deux fois au travail ?

Tout dépend de chaque femme, et des compétences de chacune d’entre elles. Une tétée matin et soir ne suffisent clairement pas à continuer l’allaitement sur la durée. Il faut suffisamment de stimulations tout au long de la journée, et rester attentive à ces stimulations. Drainez quand vous sentez que ça picote, idéalement toutes les 3/4h. On peut faire une longue plage horaires sans tirer/téter à condition qu’il y ait beaucoup de stimulations dans les 24h.

Quelles sont les conditions pour conserver le lait maternel tiré au travail ?

Ce sont les même conditions qu’à la maison. La consultante en lactation insiste sur le fait que le lait est costaud. Il n’est pas fragile, dans le cas où bébé n’est pas un bébé prématuré. Il y a plusieurs recommandations en fonction des pays/études, on écoute un peu celle qu’on veut. Il ne faut juste pas cumuler les maximums de conservation. Vous pouvez aller sur le site de la leche league pour avoir les temps de conservation de chaque étude. Prenez la glacière, avec les pains de glace pour la journée. Remuer doucement pour mélanger le gras et la partie liquide lorsque vous donnerez le biberon au bébé, mais ne le secouez pas comme un orangina !

Que dit la loi sur l’allaitement/le tire-lait au travail ?

Le temps d’allaitement pendant le travail est prévu par le Code du travail  pour tout type d’entreprise et quel que soit l’effectif : « pendant une année à compter du jour de la naissance, les mères allaitant leurs enfants disposent à cet effet d’une heure par jour durant les heures de travail » (art. L. 224-2), « répartie en deux périodes de trente minutes, l’une pendant le travail du matin, l’autre pendant l’après-midi. Le moment où le travail est arrêté pour l’allaitement est déterminé par accord entre les intéressées et leurs employeurs. A défaut d’accord, il est placé au milieu de chaque demi-journée de travail » (art. R. 224-1).

 

Voyez en fonction de votre convention collective si ce temps vous est rémunéré ou non. 

FIN !

Et voilà, ce podcast touche à sa fin. J’espère qu’il vous a plu et que vous avez pu trouver certaines réponses à vos questions ! Le sujet de l’allaitement maternel est très vaste, je vous invite donc à vous rendre sur le site de la leche league si vous avez encore certaines interrogations. Enfin, rappelez-vous que ce que vous faites est génial. Le plus important pour vous et pour votre bébé c’est de trouver un équilibre qui vous convienne. De toute façon, vous le sentez si ça roule. Et ce, peu importe les recommandations. On les suit autant qu’on peut/ qu’on veut. 

 

Je vous donne rendez-vous sur le blog et sur mon compte instagram Mari, couche-toi là ! pour de nouveaux sujets sur le mariage, la grossesse et la maternité ! A bientôt

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