Préparer son périnée à l’accouchement grâce à l’épi-no

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Je sais que pour la plupart d’entre vous, vous attendiez cet article avec impatience. Je vous ai déjà parlé de la méthode épi-no dans mes stories Instagram, ce qui avait suscité beaucoup d’intérêt de votre part ! Et pour cause, à part quelques études (pas toujours complètes d’ailleurs) qui parfois se contredisent, il n’existe pas beaucoup de vrais retours sur le sujet. Encore moins des retours d’expérience de femmes enceintes, l’ayant vraiment utilisé.

Quésaco l'épi-no ?

C’est un appareil manuel, qui comprend, entre autres, un ballonnet de forme anatomique en silicone médicale, une pompe manuelle et un indicateur de pression. Il est destiné à la femme enceinte qui l’utilisera pour préparer et assouplir son périnée pour l’accouchement, à travers des exercices effectués à la maison, mais aussi après la naissance de bébé, pour rééduquer son périnée. 

À l’origine, l’idée qui a conduit au développement du système EPI-NO vient de sages-femmes ougandaises. Les femmes enceintes se préparent naturellement à la naissance de leur enfant en utilisant des calebasses pour étirer et renforcer les muscles plancher pelvin. Le système a été modernisé en Allemagne depuis, en s’inspirant de cette méthode ougandaise.

Son utilité principale étant d’éviter au mieux l’épisiotomie (d’où le nom : épi-no), ainsi que les déchirures, liées au passage du divin enfant !

Retrouvez l’émission très intéressante de La Maison des Maternelles, sur le sujet. Pour en savoir plus sur l’épi-no, commencez la vidéo à partir de 37’10min. A ma grande surprise, j’ai découvert que ma sage-femme, Catherine Mustin, témoignait sur ce sujet !

Les "conseils" insistants dont les femmes enceintes se priveraient bien

En ce qui concerne la méthode épi-no, j’avais eu beaucoup de retours. Positifs, négatifs, parfois même virulents, aussi. Et avant d’aborder le sujet plus en détails, avec mon retour d’expérience, que je complèterai après la naissance de Bibou pour l’avoir jusqu’au bout, je voulais préciser quelque chose pour toutes les mamans et les futures mamans…

En tant que femme enceinte, j’ai eu énormément de conseils, de remarques, des « tu devrais plutôt faire-ci, faire ça ». Et je pense que vous êtes nombreuses à le vivre vous aussi. On a toujours des proches et des moins proches qui nous expliquent ce qu’on ne sait pas, mais qu’on prend le temps d’apprendre. Parfois c’est bien, parfois moins.

Il y a aussi les mamans, à qui je pense particulièrement, à qui on dit : « laissez-le pleurer un peu cet enfant », « ça se voit qu’il a souvent les bras ce petit », « non n’achètes pas de bodies en taille 1 mois pour la naissance, ça sert à rien il ne va pas le mettre longtemps ». Même si la plupart du temps, ce n’est pas méchant, parfois même bienveillant, personne n’a envie d’avoir ce genre de remarques, surtout à longueur de temps. Tout simplement parce que le ressenti des autres, n’est pas le nôtre, le vôtre. Chaque femme est différente, chaque grossesse et chaque enfant aussi.

Certaines d’entre vous, par exemple, seront d’accord avec l’idée de laisser pleurer l’enfant, ou d’acheter des bodies en taille 3 mois directement, quitte à retrousser les manches de bébé quelques semaines. D’autres penseront au contraire qu’aucune étude scientifique ne prouve qu’il est bon pour le développement du bébé de le laisser pleurer. Ou encore, que nous n’achetons pas de vêtements trop grands pour nous, pourquoi le faire pour notre bébé, lui qui passe de 37 degrés à 20 degrés à la naissance, et qui aura besoin d’être bien au chaud. 

PERSONNE ne doit pouvoir juger vos choix personnels ! Moi je vous dis que je n’économiserai pas quelques dizaines d’euros pour priver mon fils de vêtements à sa taille pour sa venue dans ce monde. Mais d’autres auront trouvé l’idée des bodies 3 mois très pratique, et n’auront pas vu leur bébé traumatisé pour autant…

Il n’y a pas de BONNE ou de MAUVAISE décision, si c’est la vôtre, c’est forcément la bonne… Tant que la santé de votre bébé n’est pas remise en cause, bien sûr. 

Tout cela pour dire, qu’on en a toutes un peu marre, parfois, des jugements de valeurs et des avis personnels non demandés, de proches ou de moins proches… 

Les premiers avis épi-no que j'ai pu avoir

J’ai donc eu beaucoup d’avis sur la question épi-no. Des mamans qui trouvent qu’il faut “laisser faire la nature“, mais qui pour autant défendent corps et âme la péridurale au moment d’accoucher. D’autres encore qui sans connaître quoi que ce soit sur le sujet précisent que « selon moi, cela va t’apporter qu’un travail prématuré » (où est l’avis médical là dedans ? Nul part !). D’autres dont les proches sont kiné, et qui constateraient des périnées endommagés et qui m’encouragent vivement à ne surtout pas utiliser l’épi-no… 

La plupart du temps, cela reste bienveillant. Mais forcément, à la longue, c’est un peu chiant. Surtout multiplié par cent, en passant par Instagram. Mais vous allez me dire que c’est le jeu ma pauvre Lucette ! Et bah oui, vous avez raison ! 

Quoi qu’il en soit, j’ai du préciser et re-préciser que je suis suivie par un gynécologue/obstétricien qui a son cabinet et qui travaille au sein de 3 maternités parisiennes. Le Dr Akerman en qui j’ai totalement confiance. J’ai enfin trouvé un professionnel bienveillant, patient, à l’écoute et accessible, tout en étant très carré ! Je suis également suivie par une sage-femme, à l’Espace Natal, Catherine Mustin, qui depuis 4 ans accompagne tous les jours des patientes qui utilisent l’appareil épi-no pour se préparer à l’accouchement. Ces professionnels voient donc les femmes pendant leur grossesse, mais aussi après.

La durée d'utilisation différente de l'épi-no, avant accouchement

Beaucoup de professionnels, peut-être votre gynécologue ou votre sage-femme, ne sont pas en faveur de la méthode épi-no. Beaucoup d’études ont été réalisées sur le sujet, et nombreuses d’entre elles se contredisent. Difficile donc de se faire un avis sur la question. 

J’ai confronté mon gynécologue, le Docteur Grégory Akerman, et ma sage-femme Catherine Mustin, sur le sujet. Les deux m’ont tout d’abord précisé quelque chose d’important. Les études sont réalisées sur des femmes qui l’utilisent à partir de la 37ème semaine. On est donc entre 3 et 6 semaines d’entraînement, en supposant que votre crevette ne pointe pas le bout de son nez avant. Mes deux spécialistes, conseillent de commencer l’utilisation de l’épi-no à la 27ème semaine !

On parle ici de muscler le périnée, puisque oui, c’est bien un muscle. Je ne rentrerai pas dans les détails de notre anatomie, car même si cela m’a été expliqué, je ne suis pas médecin, et cet article risquerait d’être interminable (déjà qu’on n’est pas loin) ! 

Prenons un exemple concret pour comparer les deux timings (27 et 37ème semaine pour commencer l’utilisation de l’épi-no). Vous allez à la salle de sport pendant 4 semaines pour muscler votre popotin. A votre avis, sera-t-il plus musclé si vous vous entraînez pendant 4 semaines, ou bien si vous vous entraînez pendant 14 semaines ? Logiquement, vous allez me dire la deuxième réponse. Mais comme il y a des puristes dans mes lectrices, certaines vont me dire : « non, cela dépend aussi de la constitution et la morphologie de la personne qui le muscle. Celle de 4 semaines peut très bien avoir un fessier plus musclé naturellement, que celle qui s’est entraînée pendant 14 semaines ». Totalement vrai. Et vous savez quoi ? C’est pareil pour le périnée. On n’a pas toutes le même périnée, les résultats ne sont donc pas une science exacte pour toutes !

Voilà pourquoi, pour celles qui commanderont l’épi-no, vous verrez que dans la boîte, il y a une notice complémentaire qui a été ajoutée, conseillant de commencer la pratique à la 25 semaine de grossesse (27SA). Et c’est sur cela, que se basent les résultats obtenus par Catherine Mustin, ma sage-femme, et Dr Akerman, mon gynécologue/obstétricien. 

Ils sont tous les jours confrontés au sujet. Au delà du fait que les maternités tendent toutes à réduire leur taux d’épisiotomie (au risque parfois de provoquer des déchirures plus graves, mais ça c’est un autre sujet sur lequel je n’ai pas assez d’info pour l’aborder correctement), afin d’attirer plus de futures mamans dans leurs services, mais aussi de réduire les violences obstétricales. Certaines sont pratiquées pour aller plus vite, parfois à cause du manque de personnel, et certaines réalisées malheureusement sans même le consentement de la maman.

Risquons-nous vraiment quelque chose à utiliser l'épi-no ?

Dr Akerman me précise qu’il ne pratique presque plus d’épisiotomies et a que très peu de déchirures lors des accouchements, depuis qu’il prescrit l’appareil épi-no à ses patientes. Il aimerait faire ses propres études, basées donc sur du concret, du vécu, de son suivi à lui. Malheureusement, quand on voit à quoi ressemblent ses journées : visites gynécologiques, urgences gynécologiques, accouchements dans plusieurs maternités… Faire des études statistiques peut prendre pas mal de temps !

En ce qui concerne Catherine Mustin, elle prépare ses patientes à l’épi-no, et les suit post accouchement. J’ai aussi essayé de la “déstabiliser” sur des questions un peu négatives à l’égard de l’épi-no. Mais difficile de déstabiliser un professionnel qui est convaincu par un produit, après plusieurs années d’expérience, et le suivi de centaines de femmes…
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Utilisation de l'épi-no

Je pose mes questions, inspirées par les retours que j’ai eus sur Instagram. Est-ce qu’on risque de toucher le col ? De provoquer un accouchement prématuré ? Elle m’ouvre simplement le livret fourni avec l’appareil, pour me montrer l’illustration et que je prenne conscience du corps de la femme. 

L’objet introduit dans le vagin est bien loin d’atteindre le col. Et puis je me dis qu’en même temps, on arrêterait d’avoir des rapports intimes avec Monsieur, si ce risque était fondé… Et quand est-ce que les rapports sont déconseillés aux femmes enceintes ? Quand il y a un risque de travail prématuré, détecté en amont. Eh bien, c’est pareil pour l’épi-no ! Voilà pourquoi, il ne faut pas l’acheter seule mais se le faire prescrire (d’autant qu’une partie est remboursée par la sécurité sociale, et parfois la mutuelle rembourse le reste).

 

Catherine Mustin a aussi déjà vu passer des femmes aux bébés macrosomes (+4kgs à terme) accoucher par voie basse, sans épisiotomie et sans déchirures, qui avaient utilisé l’épi-no dès la 25ème semaine de grossesse. Pour autant, elle n’a jamais eu de complications post accouchement sur les périnées des femmes ayant utilisé l’épi-no pendant leur grossesse. 

Car c’est l’idée reçue : « c’est galère de récupérer un périnée tonique après l’utilisation de l’épi-no ». Pas pour Catherine Mustin. Le pire des cas qu’elle a pu voir, c’est un périnée tout à fait équivalent à un périnée qui n’a pas utilisé l’épi-no. C’est tout. 

Elle rajoute : « au contraire, les femmes ayant utilisé l’épi-no pendant leur grossesse, se rétablissent plus rapidement, car elles savent quels exercices on attend d’elles. Elles ont conscience de leur périnée, et ça va très vite. Parfois, j’ai vu des patientes qui n’ont eu besoin d’aucune séance de rééducation du périnée, malgré un accouchement par voie basse. Leur périnée était suffisamment tonique ! ».

Mais alors, pourquoi les avis divergent autant ?

Les gynécologues ne sont pas tous obstétriciens. Les sage-femmes ne travaillent pas toutes en salle d’accouchement, ou n’utilisent pas l’épi-no. Certains professionnels ne s’intéressent qu’aux études théoriques et parfois incomplètes, mais n’ont en fait jamais été confrontés à des cas concrets. 

Mais parfois aussi, l’épi-no ne fonctionne pas pour tout le monde, tout simplement ! Ainsi, vous êtes nombreuses à m’avoir dit : « j’ai fait un bébé de 4,2kgs sans épi-no, sans épisiotomie, sans déchirures ». Ou alors il y a aussi des femmes qui peuvent témoigner : « j’ai fait un bébé de 2,4kgs, avec épisiotomie alors que j’avais utilisé l’épi-no ». Eh oui, là encore, on est toutes différentes. Ce n’est pas prévisible ! C’est juste une sorte de capital chance qu’on s’accorde, en voulant se préparer avec l’appareil en question.
 

Alors attention, je ne fais pas l’apologie de l’épi-no, je vous donne seulement mon avis et mon retour d’expérience sur le sujet. Que je compléterai bien entendu après la naissance de Bibou. Il est attendu à 3,8kgs à terme, une bonne paupiette quoi ! Peut-être que j’aurai les forceps, une épisiotomie, ou des déchirures, malgré mon utilisation de l’épi-no. Peut-être que non !

Mais n’oubliez pas, votre choix sera le meilleur choix, tant que vous êtes à l’aise avec. Si vous avez peur de l’épi-no, si votre gynécologue est contre et que ça ne vous dit rien non plus : c’est la bonne décision pour VOUS. Sachez que votre vérité n’est jamais celle des autres… 

Moi j’ai choisi la méthode épi-no pour préparer au mieux mon accouchement, et c’est MA décision, avec laquelle je suis totalement à l’aise ! J’ai besoin d’être préparée, de connaître certaines sensations, de faire ce que je peux pour atténuer le temps de rétablissement post accouchement. Je suis accompagnée par des professionnels qui croient entièrement à la méthode. Tous les feux sont donc verts pour moi. Mais ils ne le seront peut-être pas pour vous ! 

C’est comme l’allaitement, le cododo, le lit à barreaux… On a tous un avis sur la question, à nous de choisir ce qui nous semble le mieux adapté pour nous, futurs parents, et pour notre bébé. Pourquoi diable se forcer à allaiter si la maman a mal, est stressée, a peur, a besoin du papa pour prendre le relai… Bébé va sentir la détresse de maman. Ne préfère-t-il pas une maman bien dans sa peau et plus détendue ? 

Ne vous laissez pas influencer, prenez les conseils mais vous seuls saurez ce qui est le mieux pour vous, et pour votre bout de chou !
 

Love,

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