Témoignage d’Alison : devenir maman malgré tout

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C’est un article très différent que je publie cette fois-ci. Je partage le témoignage de l’une d’entre vous, sur un sujet sensible et douloureux.

Un jour j’ai reçu un email de sa part, m’expliquant ce qu’elle souhaitait faire et pourquoi elle le faisait. Alors je publie son témoignage de maman aujourd’hui, dans lequel peut-être, certaines d’entre vous se reconnaîtront aussi. Mais je le fais aussi et surtout car c’est un petit exutoire pour elle, et ici, la parole doit être libérée et utile !

Pour respecter son anonymat, je l’ai appelé Alison.

Témoignage d'une maman survivante de son passé

J’ai été violée.

Ouais. Ça y’est j’ai décidé que j’allais en parler. Cet événement que j’ai enfoui au plus profond de moi et que la maternité a fait resurgir puissance 1000.

Aujourd’hui je témoigne de manière anonyme, trop de monde de la vraie vie me suivent ici sur instagram. 
J’ai pas envie qu’on m’appitoie.
J’ai pas envie de devoir accueillir la tristesse des gens face à cette révélation
J’ai pas envie d’entendre des «tu aurais dû», «pourquoi tu ne me l’as pas dit» ou des «tu ne me fais pas confiance ?!»

Voila, j’ai juste besoin de poser ça ici, sur Internet, pour que d’autres femmes prennent leur courage pour en parler. Pour se libérer.

D’ailleurs, si jamais toi lectrice tu me reconnais dans ma façon d’écrire, ne viens pas m’en parler, respecte mon anonymat s’il te plait…

J’ai été violée. Plusieurs fois.

La première fois ça s’est passé quand j’avais 19ans. 
Mon mec était en stage a l’étranger pendant plusieurs mois. Pour oublier ma peine et le manque, je sortais énormément avec des copains de la fac.
Un soir je finis la soirée chez un pote avec deux autres copains, dont mon bourreau.
Un copain part, un autre va dormir, je me retrouve seule avec ce gars. Je l’aimais bien ce gars, on s’entendait bien, on rigole. Un pote quoi. Il est 3-4h du matin, je me dis que je vais rester dormir la, que c’est pas prudent de rentrer seule a cette heure la, je suis chez des potes, je suis en sécurité.

En sécurité. En l’écrivant je rigole. Pas parce que c’est drôle, mais parce que j’étais tout sauf en sécurité la bas. J’ai cru que je pouvais faire confiance à des potes, j’ai été conne de croire ça.

Cette nuit là, une petite lumière en moi s’est éteinte. J’ai dit non, il m’a forcé. J’ai dit non plusieurs fois. Il m’a forcé.

Quand il a eu fini, j’ai attendu qu’il s’endorme, je me suis rhabillée et je l’ai regardé. Ses doigts étaient plein de mon sang. Ce détail ma choqué, depuis ça, je ne supporte plus la vue du sang

Il n’y a que mon mec qui le sait. Enfin cette fois là.

C’est arrivé d’autres fois, avec d’autres gars à qui j’ai pas su dire non, puisque de toute façon, on m’écoutait pas. Y’en a qui dirait que j’ai trompé mon mec. Moi je dis que je me suis juste mis en veille pour me protéger, pour le protéger lui. Mon cerveau a décidé d’en faire des non événements.

Les années sont passées, le chéri et moi on décide de faire un bébé. Ça prend du temps. J’le vis mal. Très mal. Je me force. Je veux être enceinte, je veux être maman. Je me force pendant bien 6 mois. Et puis enfin libération je suis enceinte.

Ma grossesse se passe mal. Comme si mon corps rejetait tout ça, tous ces actes que j’ai subi. J’ai vomi, j’ai eu mal, j’ai détesté sentir mon bébé bouger en moi, détesté qu’on introduise des trucs en moi à des fins médicales : encore une fois on s’appropriait mon corps, et encore une fois je subissais.
J’ai eu du diabète gestationnel, j’ai dû me piquer les doigts et faire sortir du sang, six fois par jour. J’avais mon sang sur les doigts.

J’arrivais pas à aimer ce bébé, parce qu’il me squattait, il me faisait souffrir.

Puis un jour on m’a tendu la main, mon sage femme m’a demandé si j’allais bien. C’était la première fois depuis des années qu’on me demandait si j’allais bien, j’ai tout lâché. 
Il m’a proposé de voir une psychiatre pour finir ma grossesse sereinement. Aujourd’hui mon bébé a presque un an et je la vois toujours régulièrement. Ce traumatisme c’est devenu une dépression post partum.

J’ai été violée et ça m’a brisé. On m’a volé ma grossesse. On m’a volé ma maternité. 
J’aurais été une tout autre maman si ça n’était pas arrivé. Je suis tellement en colère. 
Mais tout ça, ça fait partie de moi, c’est mon histoire. Un jour j’en parlerai à ma fille, pour qu’elle sache, pour qu’elle se protège et qu’elle comprenne pourquoi maman est toujours triste et en colère. Pourquoi parfois elle crie et pleure. 
Un jour je lui dirai que ce n’est pas de sa faute.
Un jour je lui dirai que…

…Je suis une survivante.

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1 comment

  1. Votre histoire m’a beaucoup touchée, j’espère que grâce à Ayline et a votre courage d’en parler vous donne la force d’aller de l’avant grâce à votre petite famille.
    Vous n’êtes pas seule, il y aura toujours quelqu’un à qui vous confié .

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